Bercy obtient le feu vert de Bruxelles pour les prêts participatifs
La Commission européenne a autorisé le régime de garanties d’Etat voulu par la France. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a indiqué jeudi matin avoir obtenu son accord formel après des « négociations pas faciles » portant sur des prêts participatifs et des obligations relance soutenues par l’Etat. Lors d’une présentation, il a « confirmé notre ambition d’atteindre un taux de croissance de 6% » pour la France en 2021, en misant sur l’investissement des entreprises soutenu par ces deux outils.
Ces deux outils affichent un objectif de 20 milliards d’euros et l’Etat assumera 30% des pertes sans rentrer au capital des entreprises, soit 6 milliards au maximum. Si la demande venait à dépasser de montant, « nous ne compterons pas ce qui est nécessaire pour soutenir l’investissement », a précisé le ministre de l’Economie. Ces outils sont accessibles jusqu’au 30 juin 2022 pour les PME ayant réalisé un chiffre d’affaires de plus de deux millions d’euros en 2019 et pour toutes les ETI sans exception. Le montant de ces deux outils pourra atteindre 12,5% du chiffre d’affaires des PME en 2019 et 8,4% de celui des ETI.
Les entreprises ayant déjà contracté un PGE seront aussi éligibles dans la limite de 10% du chiffre d’affaires pour les PME et de 5% pour les ETI. La tarification, déterminée par les établissements bancaires, devrait être de 4% à 5% pour les PME et légèrement plus élevée pour les ETI « car les garanties d’Etat y sont plus chères et c’est une exigence de l’Union européenne », a précisé le ministre.
Les banques en première ligne
Concrètement, les prêts participatifs seront distribués par les réseaux bancaires dès début avril et offriront un différé d’amortissement de 4 ans et une maturité de 8 ans. « On imagine que les prêts participatifs pourraient représenter deux tiers à trois quarts de cette ambition de 20 milliards d’euros », a précisé Philippe Brassac, président de la Fédération bancaire française, et directeur général de Crédit Agricole SA. Les banques garderont 10% des crédits dans leurs bilans pour être « impliquées dans la qualité de la distribution », et 90% seront remontés au fonds de place « sur lequel nous travaillons. » « Nous espérons servir 7.000 à 10.000 entreprises », a terminé Philippe Brassac.
Concernant les obligations relance, « notre profession s’est engagée à investir dans 2.500 PME et ETI », a indiqué Dominique Gaillard, président de France Invest, l’association française du private equity, qui a aussi affirmé vouloir associer les assureurs dans le processus de sélection. La présidente de la Fédération française de l’assurance (FFA), Florence Lustman, a précisé que chaque assureur pourra décider des modalités d’investissement.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETI françaises trouvent leur salut à l’international
Le baromètre annuel de Bpifrance salue notamment la poursuite des investissements de transition et l’appropriation de l’IA par ce segment résilient d’entreprises. -
KNDS veut faire ses armes en Bourse sans mobilisation générale
Très attendue, la cotation du fabricant de chars franco-allemand devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Elle consistera uniquement en une cession de titres existants et les particuliers ne pourront pas y participer. -
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Alerte« Un triste fléau » : pourquoi le nombre de noyades explose en pleine canicule
Depuis le début de la canicule, au moins une quarantaine de personnes sont décédées de noyade. Et les chiffres devraient continuer à croître dans les prochains jours. -
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire