Les banques pâtissent des craintes liées au coronavirus
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Alexandre Garabedian
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Les banques étaient particulièrement attaquées en Bourse jeudi, alors que se renforcent les craintes sur les effets possibles de l’épidémie de coronavirus pour le secteur. En France, BNP Paribas, la Société Générale et Crédit Agricole SA ont fini la séance sur des reculs de 4,11%, 5,77% et 4,59% respectivement.
Depuis le 24 février, qui a marqué une nette accélération dans l’expansion de l’épidémie et la correction des marchés actions, l’indice Euro Stoxx 50 des banques abandonne près de 21%, contre 11,4% pour l’indice large.
Les banques peuvent être affectées à plusieurs niveaux. Sur le plan opérationnel d’abord, de nombreux groupes restreignant les déplacements ou les réunions. A Londres, HSBC a renvoyé chez eux une centaine d’employés d’une salle de trading après que l’un de ses salariés a été testé positif. La Banque centrale européenne a demandé pour sa part aux banques de renforcer leurs plans de continuité d’activité.
L’impact récessif de l’épidémie sur l’économie peut aussi laisser craindre des difficultés chez certains clients (PME, entreprises de secteurs très exposés) et une montée des créances douteuses qui se traduirait mécaniquement par une hausse des provisions compte tenu des nouvelles règles que les banques sont tenues d’appliquer dans ce domaine. « Il est beaucoup trop tôt pour se livrer à la moindre prévision, relativise le patron d’une banque française, d’autant que nous nous trouvons pour l’instant dans un scénario de choc fort mais a priori limité dans le temps ».
Effets contrastés pour les activités de marché
Les turbulences de marché ont par ailleurs des effets contrastés sur l’activité des banques d’investissement: les émissions d’actions ou de dette sont quasiment à l’arrêt, mais la hausse de la volatilité bénéficie aux activités de couverture et de trading. Les conditions de refinancement des banques vont également se renchérir, comme en témoigne l’écartement des spreads des obligations bancaires et celui des contrats d’assurance contre un défaut (CDS). Il reste que les banques avaient profité de l’euphorie des investisseurs en janvier et début février pour se financer massivement, à l’image de Deutsche Bank ou des banques italiennes sur le marché de la dette subordonnée.
Avec plus de 42% du capital, la banque italienne devrait être en mesure d'imposer ses vues au conseil de sa concurrente allemande. Pour pouvoir en tirer tous les bénéfices financiers, il faudra toutefois probablement qu’elle monte au-delà de 60%.
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