Les banques italiennes subissent un retour de bâton
Contraintes de fermer des agences dans les villes du Nord de l’Italie les plus touchées, les banques italiennes subissent de plein fouet l’arrêt des activités lié à l’accélération de l’épidémie de coronavirus de l’autre côté des Alpes. Outre leurs actions, affectées dès lundi, comme Intesa Sanpaolo (-4,6%), qui avait déjà baissé d’autant en fin de semaine dernière avec l’annonce de son projet de rachat d’UBI Banca, ou même UniCredit (-3,4%), certaines souches de leurs dettes subordonnées ont beaucoup souffert. C’est notamment le cas des obligations subordonnées AT1 (CoCos) d’UniCredit (à 3,875% de coupon) et d’Intesa Sanpaolo (à 4,25%) émises les 12 et 20 février, qui ont perdu respectivement 5,5% et 4,4%, ainsi que des souches encore plus risquées d’UBI Banca (à 5,875%) et Banco BPM (à 6,125%), émises les 13 et 14 janvier. Ces dernières ont également perdu 4,2% à 4,4% depuis trois jours, mais restent au-dessus du pair grâce à leurs rendements très intéressants… Idem pour l’obligation tier 2 de la banque Monte dei Paschi di Siena (échéance 2025 à 8%), qui a baissé de 3,6%.
«Dans le cas d’UniCredit, l’obligation avait été émise après cette vague d’émissions de banques italiennes, au pic du marché, et avait d’ailleurs connu une petite décote rapidement», analyse Gildas Surry, gérant spécialisé chez Axiom AI. Comme si les investisseurs avaient aussitôt regretté. «Les autres souches de cette banque, comme l’AT1 à 6,625%, n’ont pas autant souffert, perdant seulement autour de 1%. Ces obligations perpétuelles prévoient un remboursement anticipé à une date donnée – en général après cinq ans – qui est dans la plupart du temps exercé. Mais cela leur confère une sensibilité bien supérieure dès lors que le prix passe au-dessous de 100% du pair», poursuit le gérant. En effet, si ces dettes devaient rester autour de 94,5% du pair à l’approche de la date de «call» (dans 5 ans), UniCredit devrait les rembourser à une valeur de 100% et donc constater une perte comptable non négligeable.
Comme les souches bancaires ont été émises récemment, elles ont le temps de retrouver un niveau de valorisation plus «normal», mais illustrent bien une forme de survalorisation constatée en ce début d’année sur le marché des CoCos.
D’anciens titres subordonnés tier 1 des assureurs Generali (Perp à 4,596%) et Intesa Sanpaolo Vita (Perp à 4,75%) ont également perdu près de 3% en trois jours.
{"title":"","image":"214588»,"legend":"","credit":"Illustration L\u2019Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Le marché primaire euro corporate est affûté pour la rentrée
Les deux dernières semaines actives sur le front des émissions obligataires d’entreprises sont un aperçu de ce qui attend les investisseurs en septembre. Les spreads restent serrés et la demande des investisseurs demeure soutenue. Mais les émissions liées à l’IA et la hausse des taux constituent autant de vents contraires potentiels. -
Le Comité de stabilité financière craint les cyber-risques liés à l’IA
Andrew Bailey, le président du Comité de stabilité financière, le FSB, a adressé un courrier au G20 Finances pour inciter à mieux encadrer juridiquement les modèles d’IA « de pointe » et à augmenter le niveau de protection contre les risques cyber. -
Le financement définira le prochain cycle de fusions-acquisitions en France
L’amélioration de la confiance et des conditions de financement pourrait favoriser un rebond plus large sur le segment du mid-market, relève Jérôme Morisseau, co-responsable de la banque d’investissement France de Bank of America.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
DWS donne accès aux crypto avec un nouvel ETC
- Revolut étrenne son nouveau statut bancaire par un stablecoin euro à l'accent américain
- EssilorLuxottica s’émancipe de la famille Del Vecchio
- Amundi se renforce aux Etats-Unis grâce à Victory Capital
- La trajectoire de la dette française finira par peser lourd
- Aux Etats-Unis, 39 banques régionales s'allient pour créer un réseau de blockchains
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeUne rentrée internationale sous tension
Que peut-il nous arriver à l’automne, entre des dynamiques imprécises capables de faire basculer les guerres de longue haleine, d'importantes échéances électorales et des recompositions stratégiques qui se font jour ? -
Retour vers le futurIA, drones, robots : le « défi technologique » de l'armée de terre
Le général de Montgros fait de l’intégration de l’IA et des systèmes autonomes une nécessité pour les forces terrestres dans son premier ordre du jour de chef d’état-major de l'armée de terre -
Rentrée scolaire : l’interdiction des téléphones au lycée, une mesure inapplicable au 1er septembre
Le gouvernement avait annoncé début juillet l'interdiction des téléphones portables dans les lycées mais il est impossible pour les chefs d'établissement de l'inscrire dans les temps dans le règlement intérieur