Les banques italiennes subissent un retour de bâton
Depuis lundi, le marché considère que l’arrêt d’activité lié au coronavirus les met en risque, en particulier sur leurs dettes subordonnées émises au pic du marché.
Publié le
Fabrice Anselmi
L’action UniCredit a perdu -3,4% lundi. Agence Unicredit à Venise.
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RK.
Contraintes de fermer des agences dans les villes du Nord de l’Italie les plus touchées, les banques italiennes subissent de plein fouet l’arrêt des activités lié à l’accélération de l’épidémie de coronavirus de l’autre côté des Alpes. Outre leurs actions, affectées dès lundi, comme Intesa Sanpaolo (-4,6%), qui avait déjà baissé d’autant en fin de semaine dernière avec l’annonce de son projet de rachat d’UBI Banca, ou même UniCredit (-3,4%), certaines souches de leurs dettes subordonnées ont beaucoup souffert. C’est notamment le cas des obligations subordonnées AT1 (CoCos) d’UniCredit (à 3,875% de coupon) et d’Intesa Sanpaolo (à 4,25%) émises les 12 et 20 février, qui ont perdu respectivement 5,5% et 4,4%, ainsi que des souches encore plus risquées d’UBI Banca (à 5,875%) et Banco BPM (à 6,125%), émises les 13 et 14 janvier. Ces dernières ont également perdu 4,2% à 4,4% depuis trois jours, mais restent au-dessus du pair grâce à leurs rendements très intéressants… Idem pour l’obligation tier 2 de la banque Monte dei Paschi di Siena (échéance 2025 à 8%), qui a baissé de 3,6%.
«Dans le cas d’UniCredit, l’obligation avait été émise après cette vague d’émissions de banques italiennes, au pic du marché, et avait d’ailleurs connu une petite décote rapidement», analyse Gildas Surry, gérant spécialisé chez Axiom AI. Comme si les investisseurs avaient aussitôt regretté. «Les autres souches de cette banque, comme l’AT1 à 6,625%, n’ont pas autant souffert, perdant seulement autour de 1%. Ces obligations perpétuelles prévoient un remboursement anticipé à une date donnée – en général après cinq ans – qui est dans la plupart du temps exercé. Mais cela leur confère une sensibilité bien supérieure dès lors que le prix passe au-dessous de 100% du pair», poursuit le gérant. En effet, si ces dettes devaient rester autour de 94,5% du pair à l’approche de la date de «call» (dans 5 ans), UniCredit devrait les rembourser à une valeur de 100% et donc constater une perte comptable non négligeable.
Comme les souches bancaires ont été émises récemment, elles ont le temps de retrouver un niveau de valorisation plus «normal», mais illustrent bien une forme de survalorisation constatée en ce début d’année sur le marché des CoCos.
D’anciens titres subordonnés tier 1 des assureurs Generali (Perp à 4,596%) et Intesa Sanpaolo Vita (Perp à 4,75%) ont également perdu près de 3% en trois jours.
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