La Banque de France veut redynamiser les livrets d’épargne populaire
Portée par la bonne santé des marchés financiers, l’année 2017 a été fructueuse pour le patrimoine des Français. En hausse de 5,2%, l'épargne des ménages a passé la barre des 5.000 milliards, pour atteindre 5.014 milliards à fin décembre. Sur ce total, l’épargne réglementée pèse seulement 733 milliards d’euros, mais cette masse a crû de 2,5% l’an dernier grâce au dynamisme du Livret A, en hausse de 3,3%. «Nous sommes revenus à des flux de placements positifs», s’est réjoui hier François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, lors de la présentation annuelle de l’Observatoire de l’épargne réglementée. Si les produits de taux (dépôts, épargne réglementée, assurance vie en euro...) ont collecté au total 64,6 milliards d’euros, la Banque de France regrette l’absence de dynamisme d’un produit presque tombé dans l’oubli : le livret d’épargne populaire (LEP).
«Le LEP est peu développé. C’est l’une de nos priorités», déclare François Villeroy de Galhau. Le nombre de livrets (9 millions) et leur encours (44 milliards d’euros) ont reculé de près de 30% depuis 2008. Or, à 1,25%, la rémunération nette du LEP est bien supérieure à celle de 0,75% du Livret A. Dans la réforme annoncée du Livret A, qui ne sera plus indexé sur l’inflation, le taux du LEP «sera inchangé, au moins [égal à] l’indice des prix à la consommation hors tabac», c’est pourquoi «il y a une logique forte à accentuer sa promotion», plaide le gouverneur.
Livret défiscalisé plafonné à 7.700 euros, le LEP est réservé aux foyers ne dépassant pas 19.468 euros de revenus annuels (pour une part) ou 29.863 euros (pour deux parts). «Il est plus compliqué à gérer car il faut vérifier les revenus, mais nous sommes attachés à une meilleure mobilisation des banques», explique le représentant de la Banque de France. Autrement dit, les conditions d’ouverture et le taux de rémunération élevé ne poussent pas les établissements à faire des efforts pour la clientèle modeste visée par le produit. «Il peut y avoir une simplification du contrôle des revenus», glisse François Villeroy de Galhau.
Pour lui, la promotion du LEP doit être «l’action miroir» de l’offre spécifique pour les clients fragiles, qui peuvent bénéficier d’un compte bancaire à 3 euros par mois. Sur les 3,6 millions de Français éligibles, seuls 10% en profitent. Pour «développer davantage l’offre spécifique et arriver à un plafonnement global des frais» liés aux incidents de paiement, une réunion est prévue le mois prochain à Bercy, révèle le gouverneur.
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