Jes Staley paiera pour sa gestion défaillante d’une affaire de lanceur d’alerte chez Barclays. La Financial Conduct Authority (FCA) et la Prudential Regulation Authority (PRA) britanniques ont infligé vendredi au directeur général de la banque une amende de 642.430 livres dans cette affaire. Elles vont aussi imposer à Barclays des exigences supplémentaires en matière de reporting.
Fin avril, dans une décision séparée, la FCA et la PRA avaient considéré que Jes Staley avait failli à certaines de ses obligations, mais qu’il n’avait pas manqué à l’exigence d’intégrité des dirigeants, lui permettant ainsi de rester en poste.
L’affaire remonte à juin 2016. Le conseil d’administration et la direction générale de Barclays avaient reçu un courrier anonyme d’un lanceur d’alerte qui pouvait impliquer les dirigeants du groupe. Jes Staley avait alors cherché à démasquer l’identité de ce whistleblower. Le dirigeant avait ensuite dû présenter ses excuses et avait fait l’objet d’un simple rappel à l’ordre de la part du conseil, soucieux de ne pas déstabiliser la gouvernance d’une banque toujours engagée dans une profonde réorganisation.
Le montant de l’amende représente 10% de la rémunération annuelle de Jes Staley, précisent les deux autorités dans un communiqué. Barclays devra effectuer un reporting auprès de la FCA et de la PRA sur tous les cas de lanceurs d’alerte impliquant ses dirigeants (senior managers), et les «whistleblowers’ champions» de la banque devront «attester personnellement» de la solidité des procédures de gestion des lanceurs d’alerte. Ces exigences, «les premières du genre en matière de whistleblowing pour une firme régulée», s’appliquent au moins jusqu’en 2020, précise le communiqué des autorités.
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