Les plans d’investissement, la recette miracle allemande ?
Dans le paysage européen des exchange-traded funds (ETF), un pays sort du lot : l’Allemagne. Pas moins de 135 des 200 milliards d’euros d’encours de trackers détenus par des particuliers le seraient par des épargnants allemands, selon extraETF. Un succès à mettre au crédit des « savings plans » : ces offres, apparues dès 2010 outre-Rhin, permettent d’investir une somme fixe, tous les mois, sur un ETF préalablement choisi, typiquement un véhicule répliquant à moindre coût le MSCI World ou le S&P 500. Le tout sans frais de transaction car le courtier agrège les ordres. Entre 2019 et 2023, le nombre de plans d’investissement est ainsi passé de 1,5 à plus de 7 millions en Allemagne, soit 14 milliards d’euros investis l’an dernier par ce biais. « C’est une façon de reconnecter l’épargne avec la vie des gens : pour beaucoup, il est plus simple d’investir de petits montants au fil de l’eau », souligne Vincent Grard, country manager pour la France chez Trade Republic.
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Extension
Une recette que le néo-broker allemand, ainsi que son concurrent Scalable Capital, essaient d’appliquer à d’autres marchés d’Europe continentale. L’Italie est aux avant-postes mais la France prend aussi le virage, redynamisant le concept de versements libres programmés sur comptes-titres. « On sent un intérêt de la place pour ce type de produit d’appel qui permet de répondre à une demande des clients et d’ancrer une nouvelle habitude d’épargne », confirme Marc Braun, country manager pour la France et les Pays-Bas chez Scalable Capital. Si ces acteurs restent très discrets sur leurs chiffres, extraETF estime que 500.000 plans seraient actifs hors d’Allemagne, pour un milliard d’euros d’encours. Un chiffre que les auteurs de l’étude voient bondir à 22 milliards d’ici à 2028.
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