Victoire de Syriza plus large que prévue en Grèce
Les élections législatives en Grèce ont donné au parti de la gauche radicale Syriza une nette victoire. Alors que tard hier soir, le suspense planait encore sur sa capacité à atteindre la majorité absolue de 151 sièges sur un total de 300 députés, les premières projections officielles lui donnaient 36,5% des voix, contre 27,7% pour les conservateurs de Nouvelle Démocratie, parti du Premier ministre sortant Antonis Samaras. Un écart proche de neuf points, contre environ 6 points dans les derniers sondages.
Avec son score, Syriza a finalement obtenu 149 sièges. L’Aube dorée, d’extrême droite, est donnée troisième avec 6,3% des suffrages devant le nouveau mouvement centriste To Potami (5,9%) et les communistes du KKE (5,6%). Au total, sept partis devraient être représentés à la Vouli, le Parlement grec.
Il est à noter que le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) de l’ex-Premier ministre George Papandreou ne devrait pas atteindre le seuil de 3% des voix nécessaire pour être représenté au Parlement. Son échec pourrait aider Syriza à décrocher la majorité absolue, car le pourcentage des voix nécessaire pour y parvenir dépend du score des partis non représentés. Le Parlement sera en tout cas reconvoqué le 5 février prochain afin d’élire le président à partir du lendemain.
«Sans aucun doute, le mandat du peuple grec met un point final au cercle vicieux de l’austérité», a déclaré Alexis Tsipras, chef de file Syriza, en ajoutant que «le nouveau gouvernement grec sera prêt à coopérer et à négocier avec nos créanciers pour une solution juste et bénéfique pour tout le monde». Les pourparlers avec l’Union européenne et le FMI devraient porter avant tout sur les conditions du remboursement de la dette publique grecque, qui atteint 321 milliards d’euros, soit plus de 175% du produit intérieur brut (PIB). Si un effacement pur de tout ou partie des créances semble peu probable, un aménagement de la dette pourrait passer par une baisse des taux d’intérêt ou un allongement de sa maturité.
Alors que l’actuel programme de soutien se termine fin février, Alexis Tsipras a indiqué vendredi qu’un gouvernement dirigé par Syriza aura jusqu’au mois de juillet pour négocier avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international. Ceci en raison du programme de rachat de dettes publiques dévoilé jeudi par la BCE. Les premiers rachats de dette grecque, pour un montant pouvant atteindre 2 milliards d’euros, n’étant pas attendus avant juillet, cela devrait inciter le nouveau gouvernement «à éviter une confrontation directe avec l’Europe et à signer un nouvel accord de principe avec la Commission européenne», jugent les économistes de Nomura. «Une entrée au gouvernement de To Potami, parti réformiste, enverrait aux marchés un signal positif», estime de son côté Barclays.
Prévoyant «des négociations ardues» avec les créanciers de la Grèce, Simon Derrick, responsable de la stratégie de change de Bank of New York Mellon, table pour sa part sur un recul supplémentaire de l’euro «jusqu’à un niveau de 1,10 dollar à très court terme». La monnaie unique s'échangeait à 1,1135 dollar sur les marchés asiatiques à l’annonce des premiers résultats grecs.
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