«Une partie de la liquidité bancaire pourrait retourner vers les obligations souveraines»

Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d’investissement chez Cholet Dupont
Krystèle Tachdjian

L’Agefi : Qu’attendez-vous de la baisse du taux directeur de la facilité de dépôt à 0% de la BCE ?

Vincent Guenzi : La conséquence directe de cette décision est d’inciter les banques européennes à retirer leurs liquidités déposées auprès de la BCE, ce qu’elles ont d’ailleurs déjà commencé à faire. Mais il est trop tôt pour connaître la réaffectation de ces fonds. La demande de crédit reste faible du fait de l’attentisme des agents économiques confrontés à un environnement qui reste menaçant. A défaut de réinvestissement dans l'économie réelle, il est possible qu’une partie des liquidités bancaires retourne vers les obligations souveraines. Compte tenu de la faiblesse des rendements des emprunts allemands et français, d’autres Etats moins bien notés pourraient en profiter sur la partie courte de leur courbe des taux. Les résultats satisfaisants des adjudications italiennes de vendredi en sont peut-être l’illustration. On retrouverait ainsi un effet similaire à celui des LTRO. La BCE répond ainsi indirectement à l’appel de l’Italie...

Quelles seront les conséquences du nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) ?

Cette annonce va dans le même sens que la politique menée par la Réserve fédérale américaine. Toutefois, je pense que l’impact sur l’économie réelle sera faible. Cela devrait néanmoins permettre aux taux anglais de rester durablement bas.Comme aux Etats-Unis, cela bloque toute velléité de remontée des taux obligataires et cela stimule les investissements de la part des investisseurs domestiques et étrangers. Au bout du compte, cela diminue le taux moyen de refinancement de l’Etat britannique.

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