«Une nouvelle baisse des taux de la BCE est peu probable à brève échéance»
- L’Agefi : Pourquoi pensez-vous que la Banque centrale européenne (BCE) va maintenir son taux directeur à 0,50% à six mois?
- Benjamin Melman : La BCE répétant qu’elle envisage de nouvelles baisses de taux, il faut donc intégrer une telle éventualité, même si nous estimons qu’elle n’utilisera cette arme qu’en dernier ressort. En effet, Mario Draghi relativise fréquemment l’impact d’une baisse de taux d’intérêt au profit de mesures de credit easing, qui devraient d’ailleurs forger son prochain mouvement. Une nouvelle baisse de taux est donc peu probable à brève échéance, sachant que la BCE voit beaucoup d’inconvénients à passer à un taux de dépôt négatif. Toutefois, la BCE semble désormais inquiète des risques de déflation. Elle ne devrait accepter des taux d’intérêt négatifs que si l’euro ou la récession continuaient de progresser. Si la BCE est connue pour sa détermination à contrôler l’inflation, il faut rappeler que l’apparition d’un risque déflationniste en 1999 l’a amenée à le combattre de façon très active.
- Croyez-vous que la BCE peut faire plus pour soutenir la reprise?
- Pour les pays périphériques, la BCE pourrait favoriser l’amplification de la baisse des taux. Même si cette dernière a été forte grâce au programme de rachat de dette (OMT), les taux réels demeurent prohibitifs pour des économies en récession du fait du déclin de l’inflation de pays en pleine dévaluation interne. Ensuite, toutes mesures de credit easing favorisant le secteur bancaire facilitera la restructuration de ce secteur et la sortie du credit crunch. Enfin, à l’heure où le marché s’interroge sur une inflexion de la Fed, la BCE peut créer un choc salutaire sur l’euro en poursuivant les baisses de taux d’intérêt, comme en 1999.
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