Une décision sur une aide à l’Irlande pourrait intervenir mi-décembre

La présidence belge a reconnu à l’issue du Conseil Ecofin que l’Union européenne avait lancé le processus d’analyse de la situation irlandaise
Florence Autret, à Bruxelles

Depuis des semaines, les dirigeants européens répètent à qui veut les entendre que «l’Irlande n’a pas demandé d’aide» et s’abritent derrière le silence de Dublin pour ne rien dire des préparatifs en cours. Depuis des semaines, les marchés savent que Dublin ne sortira du bois que lorsque les négociations sur les conditions de cette aide seront suffisamment avancées. Mercredi à Bruxelles, à l’issue du conseil Ecofin, le ministre des finances belge Didier Reynders a mis un terme à ce jeu de dupes. «Il est clair que nous avons lancé le processus pour analyser la situation irlandaise», a-t-il dit. Et d’ajouter: «je sens qu’il sera difficile à la Banque centrale européenne d’aller plus loin dans la fourniture de liquidité» aux banques irlandaises. Il admettait en résumé que si Dublin n’avait rien demandé aux autres pays de l’Union européenne, Francfort s’en était, en quelque sorte, chargé à sa place en annonçant cette semaine le resserrement du robinet monétaire.

Ceci posé, beaucoup reste à faire. «Les discussions techniques», comme l’a indiqué hier Olli Rehn, le commissaire européen à l’Economie et aux Affaires monétaires, commencent aujourd’hui à Dublin avec l’arrivée de l’équipe conjointe de la Commission, de la BCE et du FMI. «Ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord est de regarder les problèmes structurels des banques irlandaises à la lumière des récentes pressions du marché», a dit le ministre des finances irlandais Brian Lenihan après l’Ecofin. Olli Rehn a refusé hier de s’exprimer sur la conditionnalité d’une aide, fut-elle indirecte, aux banques. «C’est prématuré», a-t-il dit. «Le Conseil sera attentif à ce que la Commission fasse le même travail à l’égard des restructurations bancaires en Irlande que ce qu’elle a fait dans d’autres pays où il y a eu des conséquences importantes pour les actionnaires», a néanmoins précisé Didier Reynders.

Les Vingt-Sept se donnent un mois pour boucler le dossier. Leurs ministres des finances tiendront un conseil extraordinaire le 16 décembre, en marge du Conseil européen. Ils pourraient alors finaliser un «paquet» irlandais. La participation britannique, qui devait être débattue hier, reste un point d’interrogation. Pour l’instant, le Royaume-Uni a pour seul engagement dans le système européen de stabilisation de l’euro les 7 milliards qui correspondent à sa part dans le mécanisme communautaire de 60 milliards d’euros. Mais le ministre des finances George Osborne a souligné hier la coïncidence entre l’«intérêt national» britannique et le rétablissement de l’économie irlandaise. Les ministres des Finances se reverront la prochaine fois le 7 décembre à Bruxelles.

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