Un premier défaut obligataire vient ternir les ambitions de Pékin
Le premier ministre Li Keqiang a maintenu l’objectif de croissance du PIB chinois à 7,5%, un niveau identique à celui ciblé en 2013
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Patrick Aussannaire
Pékin s’est fixé un cap ambitieux. A l’ouverture de la réunion annuelle du Congrès national du Peuple (NPC) hier, le premier ministre Li Keqiang a maintenu l’objectif de croissance du PIB chinois à 7,5%, un niveau identique à celui ciblé en 2013, constaté à 7,7%. Parallèlement, la cible d’inflation est de 3,5%, contre un rythme de 2,6% en 2013.
«La Chine dispose des fondamentaux et des conditions pour maintenir un niveau de taux de croissance moyen à élevé à moyen terme», a indiqué le rapport. Le gouvernement n’envisage en outre un plan de relance budgétaire qu’en cas de «circonstances non prévues extrêmes». De quoi maintenir le déficit public à 2,1% du PIB.
La croissance ciblée est néanmoins jugée «pour le moins ambitieuse» par SG CIB, Pékin s’étant également engagé à accélérer le rythme des réformes, à contenir les risques d’endettement, et à «entrer en guerre contre la pollution». Tout repose sur une accélération attendue de la consommation des ménages à un rythme de 14,5%, après 13,1% l’an dernier. Pékin s’est d’ailleurs octroyé une marge de sécurité en indiquant que l’objectif est «flexible» dans un intervalle «raisonnable». «Le fruit des réformes citées comme un des moteurs de croissance en 2014 pourrait ne pas se matérialiser aussi rapidement», estime SG CIB. Ce qui semble justifier la dépréciation récente du yuan pour soutenir l’activité.
A court terme, pour atteindre l’objectif de croissance, Pékin pourrait ainsi devoir sacrifier les réformes et/ou la réduction du risque sur la dette. L’accélération des émissions d’obligations des collectivités annoncée est ainsi limitée à 400 milliards de yuans, soit 50 milliards de plus qu’en 2013. Les encours représentent pourtant seulement 800 milliards alors que la dette des véhicules de financement locaux est de 10.000 milliards. Parallèlement, le stock de dette des «trust companies» et des produits de gestion de fortune représentait 37% du PIB fin 2013, contre 19% en 2011, selon RBS.
Symboliquement, le NPC a d’ailleurs été perturbé par le premier défaut sur le marché obligataire chinois. Chaori Solar Energy Science & Technology a annoncé hier ne pas être en mesure de rembourser une échéance de 89,8 millions de yuans d’intérêts dus vendredi sur une ligne d’obligations d’un milliard émises en 2012.
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