Un nouvel assouplissement quantitatif de la BCE fait débat
Un report aujourd’hui par la BCE de sa stratégie de sortie de crise, accompagné d’une prolongation des opérations de refinancement à 3 mois, constituait la semaine passée le scénario central du marché. Ces deux derniers jours, l’idée d’un soutien plus fort de la part de l’institution européenne a émergé. «Si les décideurs politiques en Europe souhaitent maintenir le statu quo [monétaire:ndlr], alors la réponse repose sur la monétisation de la dette. La BCE, avec sa capacité d’imprimer de la monnaie, peut soutenir le marché en achetant des obligations gouvernementales», estime Stefan Isaacs, gérant de fonds chez M&G. Cette perspective a d’ailleurs permis hier une nette détente des tensions sur la dette souveraine périphérique en zone euro et une remontée des valeurs bancaires
L’efficacité du SMP, le programme de rachats de dettes souveraines mis en place en mai par la BCE, est remis en cause dans son format actuel. Le courtier britannique KBW note que le SMP a ralenti depuis mai à un niveau jugé inefficace, «de plus ou moins 1 milliard d’euros par semaine», contre 16 milliards de rachats lors de la première semaine de son lancement. Surtout, ces achats n’ont pas eu d’impact sur les spreads des dettes souveraines. «Un programme beaucoup plus large est nécessaire pour que cela ait un réel impact de marché», précise le courtier. Avec un montant de rachats estimé à 67 milliards, la BCE semble loin des 200 milliards de livres d’achats de la Banque d’Angleterre – soit 13% du PIB britannique - et de 2.000 milliards de dollars de la Fed – soit 14% du PIB américain.
Selon BNP Paribas, l’application de tels ratios aux 9.000 milliards d’euros de PIB de la zone euro ferait ressortir 1.200 à 1.300 milliards d’achats par la BCE. Un montant que la banque française juge «spectaculaire» si l’institution adoptait un tel plan.
Le marché a pu faire preuve d’un optimisme exagéré hier. «Nous doutons que la BCE annonce un réel programme d’assouplissement quantitatif aujourd’hui mais elle pourrait signaler d’autres achats de dette ou/et davantage d’opérations de refinancement à long terme», ajoute KBW. Le courtier croit que la BCE ne pourra pas aller au-delà des 80 milliards d’euros au risque de ne pas pouvoir stériliser entièrement les achats de dettes, comme elle le fait aujourd’hui. Les dépôts stérilisés hebdomadaires ont tendance à baisser.
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