TPG s’intéresserait à la gestion immobilière d’ING

Une offre aurait été déposée. L’intérêt croissant des fonds pour le secteur ne doit pas être vu comme le signe d’un désengagement à venir des institutionnels
Antoine Landrot

ING Real Estate Investment Management (Reim) attise les appétits. Après les marques d’intérêt des courtiers spécialisés CB Richard Ellis et Jones Lang LaSalle, ainsi que du gérant immobilier Vornado Realty Trust, la société de capital-investissement TPG Capital aurait, selon Bloomberg, déposé une offre pour la filiale de gestion de fonds immobiliers du bancassureur néerlandais.

L’engouement supposé suscité par ING Reim n’est pas étonnant: avec 66 milliards d’euros d’encours au 30 septembre 2010 dont 85% pour compte de tiers, il s’agit du premier gestionnaire de fonds immobiliers dans le monde; il est en outre profitable. «Il est logique que la société attire plus particulièrement les prétendants américains; l’acquérir est le moyen d’entrer fortement en Europe», estime Christian de Kerangal, directeur général d’IDP France et Europe du Sud. ING Reim gère en effet près de 27 milliards d’euros d’actifs et dispose de 250 clients sur le Vieux Continent.

Par ailleurs, acquérir une activité immobilière permettrait à TPG Capital de se diversifier. Dans le même registre, Apollo, déjà détenteur d’une activité dans l’immobilier déprécié, a acquis récemment Citi Property Investors, filiale de Citigroup.

Pour autant, une vente d’ING Reim ne serait en rien un signe précurseur de désengagement de l’ensemble des acteurs institutionnels de l’immobilier. Au moment de la vente de ses actifs canadiens (ING Summit Industrial Fund) en août dernier, Jan Hommen, le patron d’ING, avait rappelé son intention de réduire son exposition au secteur. Très affecté par la crise financière, le groupe a engagé une restructuration qui prévoit, entre autre, la scission des pôles banque et assurance. «ING considère que l’activité est trop volatile pour être conservée. Mais parmi les classes d’actifs considérées à risque, l’immobilier sera la moins pénalisée par les futures règles prudentielles de Solvabilité 2», explique Christian de Kerangal.

Au contraire, beaucoup d’assureurs nourrissent des ambitions dans ce secteur, qui procure un rendement supérieur aux obligations d’Etat et au monétaire, tout en offrant une protection contre l’inflation. Axa, qui a regardé le dossier ING Reim, Allianz et Generali n’ont d’ailleurs pas l’intention d’imiter ING. L’activité pour compte de tiers est l’une des pistes de développement. Mais les activités de ING Reim présentent pour ces acteurs des redondances notables en Europe.

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