Sous la pression, Motorola accepte le principe d’une scission
Le groupe envisage de séparer ses activités d'équipements de réseaux et de combinés mobiles. Ce qui pourrait ouvrir la voie à des alliances
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En butte à l’opposition de son principal actionnaire, et face aussi à l’effondrement de son activité mobiles, Motorola se résout à étudier une scission et pourrait renaître en 2009 d’un côté sous la forme d’une société cotée qui intégrera la branche Mobiles Devices (combinés mobiles) et de l’autre, une seconde société cotée qui reprendra la branche Broadband & Mobility Solutions, regroupant les équipements de réseaux et les activités de sécurité.
Ce serait ainsi une façon pour l’équipementier télécoms américain de mettre à l'écart sa division téléphones, en perte de vitesse face à Nokia et dans une moindre mesure Samsung Electronics. Motorola a annoncé une chute de 33 % de son chiffre d’affaire dans les mobiles en 2007, alors même que le marché connaissait une croissance de 14 %. Tant et si bien que Motorola a pesé moins de 12 % du marché sur le dernier trimestre 2007, alors qu’il culminait à plus de 20 % de part de marché dix-huit mois plus tôt.
Suite à ses mésaventures, le groupe affiche désormais une valeur boursière de quelque 22 milliards de dollars, qui a fondu de plus de 60 % depuis octobre 2006. De l’avis de certains analystes, l’équipementier verrait dans cette scission les prémices à une coentreprise dans les portables avec des groupes chinois ou japonais, lesquels verraient eux une opportunité dans le réseau américain de Motorola.
Mais l’enjeu n’en est pas moins important du coté infrastructures de réseaux. Déjà en février, il était fait état de rumeurs de rapprochement entre Nortel et Motorola (L’Agefi du 12 février), les deux groupes pesant bien peu face au quasi-duopole constitué par Ericsson et Nokia-Siemens. Une alliance permettrait aussi de mutualiser la recherche et le développement, un point faible du groupe.
Motorola prévient toutefois qu’on ne peut affirmer en toute certitude que cette scission, subordonnée à une analyse financière, fiscale et juridique plus poussée, se fera.
Pour l’heure, Motorola a fort à faire avec Carl Icahn, son deuxième actionnaire avec 6,3 % des parts, qui veut nommer quatre administrateurs de son choix au conseil d’administration à l’occasion de l’AG annuelle du 5 mai. En outre Carl Icahn poursuit Motorola en justice pour l’obliger à communiquer des documents ayant trait à ses combinés mobiles.
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