Source ouvrira bientôt un bureau de distribution d’ETF à Paris
Face au poids lourd iShares et aux acteurs déjà bien établis, Source veut imposer sa marque en Europe. Basée à Londres, la société de gestion spécialiste des ETF (exchange traded funds ou fonds indiciels cotés) compte ouvrir un bureau à Paris «d’ici un an», après son arrivée récente à Zurich. «La prochaine implantation que nous sommes en train d’évaluer en ce moment est Paris », a annoncé hier Lee Kranefuss, président exécutif de Source, à l’occasion d’une conférence de presse. «Nous avons déjà deux personnes à Paris trois jours par semaine et j’y suis moi-même une journée chaque semaine», précise Ludovic Djebali, co-responsable des ventes de Source.
Le groupe revendique la place de «deuxième» acteur du marché parisien des ETF, mais ne donne pas de chiffre. A l'échelle de l’Europe, il est le sixième fournisseur avec 3,5% de parts de marché à fin mai dans les ETF et ETP (exchange traded products), selon le cabinet de conseil ETFGI. Le gestionnaire y vise «la deuxième ou troisième place». Il devra d’abord devancer UBS et Amundi (à 4,1% et 5,2%) pour pouvoir jouer des coudes avec Lyxor (Société Générale) et Deutsche Bank qui détiennent respectivement 10,6% et 11,8% de parts de marché, loin derrière iShares qui concentre 45,7% des encours.
Dans un marché en plein essor, Source redouble d’ambition depuis l’arrivée début 2014 du fonds Warbug Pincus. Celui-ci détient désormais 51% du capital face aux actionnaires historiques, les banques Goldman Sachs, JPMorgan, Bank of America Merrill Lynch, Morgan Stanley et Nomura. «Nous étions 40 l’an dernier, sommes 90 aujourd’hui et visons plus de 150 personnes fin 2016», assure Ludovic Djebali. Lee Kranefuss lui-même a été détaché par Warburg Pincus, qui avait recruté le fondateur d’iShares pour mettre un pied dans les ETF.
Pour s’imposer, Source mise sur son «indépendance», n’étant pas une filiale de banque ou de gestionnaire d’actifs, sur son positionnement 100% ETF et sur ses partenariats avec plusieurs fournisseurs, via des fonds co-marqués avec Pimco dans l’obligataire, Rothschild dans le smart beta ou encore Ashmore dans la dette émergente. La société gère 16,7 milliards d’euros au 1er juillet, quasi exclusivement pour des clients institutionnels et banques privées localisés principalement en Grande-Bretagne, en Suisse, en France et en Allemagne. Elle pourrait s’attaquer désormais au marché des particuliers, via les conseillers en gestion de patrimoine britanniques et français.
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