Seuls les grands LBO devraient connaître un coup d’arrêt en 2008
Une croissance soutenue est attendue dans les autres segments du private equity, souligne le président de l’Afic Eddie Misrahi
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Virginie Deneuville
La crise survenue durant l’été pourrait ne toucher que le segment le plus visible du capital-investissement, à savoir les grands LBO (leverage buy-out). «Depuis août, pas une seule opération dépassant un milliard d’euros n’a été annoncée. On peut s’attendre à une année 2008 marquée par un coup d’arrêt concentré sur les grandes opérations de LBO. Les autres segments devraient maintenir une croissance soutenue», a estimé Eddie Misrahi, président de l’Afic (Association française des investisseurs en capital), à l’occasion de la présentation de l’activité des acteurs français du secteur en 2007.
Ce coup d’arrêt devrait intervenir en termes d’investissements, mais également de cessions. «La Bourse est fermée. Les grosses opérations secondaires sont arrêtées. Mais les industriels sont présents», a relevé Eddie Misrahi. L’activité de levée de fonds devrait en revanche rester dynamique, selon le président de l’association : «Les investisseurs restent très actifs. Il y a par ailleurs une dynamique liée aux FIP ISF (fonds d’investissements de proximité), pour lesquels 500 millions à 1 milliard d’euros de collecte annuelle sont attendus et la dynamique France Investissement.»
Si un ralentissement de l’activité a déjà été perceptible sur le second semestre 2007, les chiffres de l’année passée n’en ressortent pas moins à des niveaux historiques. Selon une étude de l’Afic menée conjointement avec PriceWaterhouseCoopers, les montants investis ont crû de 24 % pour atteindre 12,6 milliards d’euros, marqués par des progressions respectives de 26 %, 24 %, 22 % et 35 % dans l’amorçage/création, le développement, la transmission (opérations inférieures à 100 millions d’euros) et les grandes opérations de LBO (supérieures à 100 millions d’euros).
Les désinvestissements ont progressé de 49 % à 5,7 milliards d’euros, dépassant le seuil des 1.000 opérations (1.093). Voies privilégiées en termes de sorties, la Bourse et la cession à des acteurs industriels ont représenté 31 % et 30 % des opérations. Les levées de fonds se sont maintenues à un niveau élevé et stable par rapport à 2006, avec 10 milliards d’euros collectés. 75 % des capitaux levés l’ont été via des FCPR et 1,2 milliard à travers des FCPI et FIP. Les compagnies d’assurance demeurent les principaux pourvoyeurs avec un apport de 2,1 milliards d’euros, devant les personnes physiques et les fonds de fonds qui poursuivent leur montée en puissance.
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