Schroders progresse malgré la défiance de ses clients institutionnels
La clientèle de détail, la gestion privée ou le private equity, plus rémunérateurs, permettent au gestionnaire d’afficher un bilan financier flatteur
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Benoît Menou
Schroders, le principal gestionnaire d’actifs coté indépendant outre-Manche, se porte bien, comme l’attestent ses résultats financiers préliminaires 2007. Las, son état de santé général reste marqué par une hémorragie chronique frappant les actifs institutionnels.
Le montant des actifs gérés à fin décembre 2007 s’élevait à 139,1 milliards de livres, contre 128,5 milliards un an auparavant. Ce gain provient en réalité d’une évolution favorable des marchés et masque une collecte nette négative globale de 1,6 milliard de livres. En effet, la collecte record positive de 8,8 milliards observée au sein de la clientèle de détail, dont 800 millions récoltés dans le cadre de la coentreprise de gestion chinoise, associée à celle de 200 millions en gestion privée, n’a pu compenser la défiance persistante des investisseurs institutionnels.
Cette catégorie d’investisseurs représentait traditionnellement le fer de lance de Schroders. Depuis quelques années, ce n’est plus le cas. Fin 2007, ils constituaient encore, avec 73,2 milliards, 52% des encours gérés, contre 60% fin 2006. L’an passé, ils ont en effet retiré des fonds pour un montant net de 10,6 milliards de livres. Une perte d’abord perceptible sur les portefeuilles d’actions et diversifiés britanniques, et dans une moindre mesure sur les actions japonaises et asiatiques. Schroders se targue pourtant d’une amélioration des performances de gestion, avec 69% des fonds institutionnels surclassant leur indice de référence sur trois ans à fin 2007.
Le gestionnaire d’actifs a aussi tenu à souligner «les bienfaits de (sa) stratégie orientée vers les produits à plus fortes valeur ajoutée et marge» ainsi que l’avantage de sa diversification géographique, avec plus de deux tiers de revenus générés hors du Royaume-Uni. Ainsi, si le résultat de l’activité de gestion d’actifs a enregistré une hausse de 22% (266,5 millions), ceux de la gestion privée et du private equity ont bondi respectivement de 54 et 69% (41,3 et 58,5 millions). Schroders se félicite également d’une diversification de son offre de gestion, passant par les fonds de fonds spéculatifs. Les fonds alternatifs gérés ont progressé de 25% en 2007 à 15,9 milliards de livres.
Le groupe a dès lors publié un résultat imposable 2007 en hausse de 35% à 392,5 millions de livres, s’offrant le privilège de gagner bien davantage tout en concédant des sorties nettes de capitaux au sein de ses fonds.
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