Richmond Park fait d’une pierre deux coups en achetant Olympia
La boutique britannique acquiert un gérant prestigieux et s’implante sur le continent européen dans le contexte d’ouverture du marché de la gestion
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Antoine Landrot
En fin de semaine dernière, Olympia, l’un des vétérans de l’industrie alternative française, a perdu son indépendance: le fonds Sagard Private Equity Partners (détenteur de 45%), les collaborateurs et les dirigeants ont cédé l’intégralité de leurs participations à Richmond Park, société financière britannique. Olympia en sera une filiale à 100%, en attendant qu’un plan d’actionnariat soit mis en place destiné aux professionnels du gérant français.
S’il n’y a pas eu d’appel d’offres à proprement parler (aucune banque d’affaires mandatée), la transaction a été longue (plus d’un an) et compliquée à mener: «C’était une opération hors norme du fait de la nature de la cible: une société gérant des fonds de fonds, souligne un proche de l’opération. Dans ces cas-là, les candidats sont également susceptibles de gérer des fonds dans lesquels a investi Olympia, d’où des conflits d’intérêts potentiels qui inquiètent toujours les autres investisseurs. Par ailleurs, accéder au dossier peut être l’occasion de recueillir des informations stratégiques. Donner accès aux livres de la société est alors très délicat». Certains grands investisseurs institutionnels auraient ainsi été écartés du dossier pour ces raisons.
Restaient donc les acteurs à la culture plus entrepreneuriale, à laquelle Richmond Park correspond. Cette société s’est développée sur le modèle de la merchant bank britannique: un pied en banque d’affaires, un autre en gestion d’actifs, à l’instar de Perella Weinberg, Banca Leonardo ou, en France, Aforge Finance.
Mais le métier de gestion d’actifs reste balbutiant chez Richmond Park. L’acquisition d’Olympia lui permet d’acquérir une société de gestion de fonds de hedge funds fondée en 1989, et de s’implanter en France dans la perspective de la mise en œuvre de la directive AIFM. «Par son ancienneté, Olympia entretient des relations avec certains fonds historiques les plus performants, où il est souvent difficile d’entrer. La société a en outre développé une plate-forme de sélection et de due diligence très solide», explique une partie prenante.
Ces atouts ont sans doute permis à Sagard de valoriser Olympia davantage que par un simple pourcentage de ses actifs sous gestion (entre 2% et 3% en général). Car comme ses consœurs, la société de gestion a mal vécu la crise: ses encours sont passés de plus de 4 milliards à un peu plus de 1,5 milliards d’euros aujourd’hui.
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