GBL recrute l’une des figures de Morgan Stanley à Paris

le 14/01/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Exclusif – La société d’investissement belge s’est adjoint les services d’Arnaud Bouyer pour augmenter son exposition aux actifs privés.

La société d’investissement belge cotée Groupe Bruxelles Lambert (GBL)
La société d’investissement belge cotée Groupe Bruxelles Lambert (GBL) prévoit de doubler ses effectifs d’ici 2023 à Paris pour atteindre 300 professionnels.
(Photo GBL.)

Groupe Bruxelles Lambert (GBL) lance une vaste offensive destinée à accroître son exposition aux actifs privés. Selon nos informations, la société d’investissement belge cotée vient de recruter Arnaud Bouyer, l’une des principales figures du bureau parisien de Morgan Stanley, en qualité d'investment partner. Depuis l’an dernier, ce banquier animait la coordination du pôle «capital privé» (entreprises, investisseurs en private equity, holdings familiales…) de l’établissement américain à Paris. Un poste qu’il avait récupéré après avoir cédé sa casquette de co-responsable de la banque d’investissement à David Benichou, lequel officie aux côtés de Jean-Baptiste Charlet.

Officiant depuis près de 22 ans chez Morgan Stanley, Arnaud Bouyer a été conseil de la plupart des grandes opérations de private equity dans l’Hexagone. L’an passé, il a œuvré avec Altarea dans le cadre du rachat de Primonial pour près de 2 milliards d’euros. Mais a aussi conseillé Advent International sur la vente du groupe de services d’infrastructures télécoms Circet à ICG pour 3,2 milliards d’euros, comme l’avait révélé L’Agefi. En dépit de la pandémie de Covid-19, 2020 a aussi été une année faste pour l’homme d’affaires, qui s’est illustré aux côtés de CVC et de Téthys pour revendre l’opérateur de cliniques Elsan à KKR pour 3,3 milliards d’euros. Enfin, il a piloté la cession du courtier en assurance-emprunteur CEP, racheté par Bridgepoint 1,3 milliard d’euros.

Son départ est donc loin d’être anodin pour le bureau parisien de Morgan Stanley, même si la banque a toujours pris soin de cultiver son image de marque au détriment des individualités. Dans la capitale, le groupe américain prévoit de doubler ses effectifs d’ici 2023 pour atteindre 300 professionnels. Il a été récemment rejoint par Jean-François Mazaud, qui a quitté la Société Générale pour endosser le rôle de directeur des opérations, chargé de soutenir le développement et l’accélération de la croissance de l’ensemble des activités de Morgan Stanley en France.

GBL à l’assaut du private equity

Pour GBL, le recrutement de ce banquier s’inscrit dans un mouvement de rééquilibrage entre ses actifs cotés et non cotés. Ses parts de détention dans Holcim, dans Umicore et dans GEA ont ainsi été récemment réduites, au profit du private equity. En 2021, elle a investi 266 millions d’euros dans l’éditeur français de jeux vidéo pour mobile Voodoo, valorisé 1,7 milliard d’euros. Deux ans plus tôt, la holding des familles Frère et Desmarais avait aussi remporté les enchères pour l’opérateur de centres d’enchères Webhelp (2,4 milliards d’euros). En parallèle, elle continue de déployer sa filiale de gestion d'actifs Sienna Capital – laquelle a racheté la société de gestion immobilière L’Etoile Properties, ainsi que les sociétés de gestion de Malakoff Humanis et Acofi.

Sur le marché allemand, GBL poursuit la même stratégie d’accroissement de son exposition aux actifs privés. Elle a d’ailleurs annoncé le 12 janvier le recrutement de Jens Riedl en tant qu’investment partner afin de doper son déploiement dans la région DACH. En début d’année, le groupe a aussi renforcé son organigramme avec le recrutement d’un nouveau directeur général adjoint, Bernard Delpit, l'ancien DG adjoint et directeur financier de Safran.

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