L’Europe défend sa souveraineté technologique

le 15/09/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

«La charge devra peser sur ceux qui sont du côté de l’offre, de l’industrie et sur les revenus les plus hauts», a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
(Union européenne)

C'est l'un des nouveaux crédos de la Commission européenne. Lors de son discours annuel sur l'État de l’Union, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a promis « une nouvelle loi européenne sur les semi-conducteurs » afin de défendre la « souveraineté technologique » de l'Union européenne (UE) dans ce domaine stratégique. « Le but est de créer ensemble un écosystème européen des semi-conducteurs à la pointe du progrès, intégrant la production. Nous devons conjuguer nos capacités de recherche, de conception et d'essai de classe mondiale. Nous devons coordonner les investissements de l'UE et des États membres sur l'ensemble de la chaîne de valeur », a détaillé Ursula Von der Leyen.

L’objectif poursuivi par l’UE : produire, d’ici à 2030, 20% des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle.

La forte reprise économique après la pandémie de Covid-19 a provoqué d'importantes pénuries de matériaux dont des semi-conducteurs, de plus en plus utilisés par de nombreuses industries, pas uniquement technologiques, comme l'automobile.

Avant cette annonce, Ursula von der Leyen s’est livrée à un exercice d’auto-congratulation de la gestion par l'Europe de la pandémie et de la crise économique. Face aux eurodéputés, l’Allemande a mis en avant le succès de la campagne de vaccination européenne, laquelle avait été largement critiquée pour sa lenteur initiale. « Une pandémie, c'est un marathon, et non un sprint. Aujourd'hui, l'Europe est un leader mondial en matière de vaccination. Plus de 70 % de la population adulte européenne est pleinement vaccinée. Nous sommes les seuls à y être parvenus tout en exportant la moitié de notre production », s’est-elle félicitée, mettant en outre en avant le déploiement du certificat sanitaire de l'UE, approuvé en un temps record par les colégislateurs européens cet été. « Aujourd'hui, plus de 400 millions de certificats ont été émis dans toute l'Europe. 42 pays sur 4 continents différents sont connectés au système », a-t-elle salué.

Se souvenir des leçons du passé

La Présidente de la CE a conservé le même ton au moment d’évoquer la situation économique. « La fois précédente, il avait fallu 8 ans à la zone euro pour retrouver son niveau de PIB d'avant la crise. Cette fois, nous prévoyons que 19 pays reviendront au niveau d'avant la pandémie cette année encore, bientôt suivis par les autres. La croissance de la zone euro a surpassé celle des États-Unis et de la Chine au dernier trimestre », a résumé Ursula Von der Leyen. « Nous avons tiré les leçons d'un passé où nous étions trop divisés et trop à la traîne », a-t-elle estimé, mentionnant le plan de relance européen et la mise sur pied, dès le début de la crise, de l’instrument SURE de financement des mesures de chômage partiel des Etats.

L’Allemande a néanmoins appelé à « la prudence ». « Nous devons nous souvenir des leçons de la crise financière : à l'époque, l'Europe avait crié victoire trop tôt, et nous en avons payé le prix », a-t-elle observé, se gardant toutefois de faire toute référence directe au débat engagé entre Etats membres sur la future trajectoire en matière de politique budgétaire. Elle a simplement indiqué que Bruxelles relancerait « dans les semaines à venir la discussion sur le réexamen de la gouvernance économique », et donc sur une éventuelle réforme du Pacte de stabilité. Le processus devrait s’engager par le lancement d’une consultation publique.

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