Le cours du pétrole chute à des plus bas de dix-huit ans
Le cours du pétrole brut WTI américain a fortement chuté lundi, à nouveau tout proche des 20 dollars le baril sous lesquels il serait passé brièvement selon Reuters, tandis que le Brent atteignait, lui, son plus bas niveau en dix-huit ans à 23 dollars le baril. Les opérateurs craignent de plus en plus que l’arrêt mondial de l’économie lié au coronavirus ne dure des mois et que la demande de carburant ne s'évapore davantage.
Face à une demande estimée par l’Agence internationale de l’energie (AIE) en baisse de 20%, le marché s’ajuste par le prix alors que les pays producteurs de l’Opep et de l’Opep+ ne sont pas tombés d’accord, début mars, sur une réduction de l’offre qui reste autour de 100 millions de barils/jour (mbj). Les cours sont maintenant descendus si bas qu’ils deviennent peu rentables pour de nombreuses sociétés pétrolières, estiment les analystes, et certains producteurs à coûts plus élevés n’auront d’autre choix que d’arrêter la production prochainement, d’autant plus que les capacités de stockage se remplissent à grande vitesse.
«Ce jeu d’attrition est susceptible de faire baisser les prix encore plus bas et même un prix de 10 dollars/baril n’est plus inimaginable», a déclaré à Reuters Hussein Sayed, analyste chez FXTM.
Avec la chute de la demande, l’Arabie saoudite et la Russie n’ont pas réussi à s’entendre lors de la dernière réunion Opep-Opep+, après laquelle les deux pays se sont lancés dans une guerre des prix qui est dangereuse pour tout le monde, et y compris pour eux. Un responsable du ministère de l'énergie saoudien a déclaré vendredi que le royaume n'était pas en pourparlers avec la Russie pour équilibrer les marchés pétroliers malgré la pression croissante de Washington pour arrêter la déroute qui a fait baisser les prix de plus de 60% cette année. «L’Opep, avec l’Arabie saoudite et la Russie pourraient corriger leurs différents, mais l’Opep seule ne pourrait pas faire grand chose ... Le choc de la demande lié au Covid-19 est tout simplement trop important», remarque Lachlan Shaw, responsable de la recherche Matières premières à la National Australia Bank.
Le pétrole a été frappé de manière disproportionnée par la crise actuelle, envoyant les prix à un niveau exagéré pour Goldman Sachs : «Paradoxalement, cela créera en fin de compte un choc d’approvisionnement en pétrole dans des proportions historiques, car une grande partie de la production sera forcée de se fermer, avec un vrai risque inflationniste», écrivait la banque lundi matin.
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