Les fonds long/short s’accommodent de l’arrêt des ventes à découvert
Plusieurs régulateurs européens ont décidé ces derniers jours d’interdire la vente à découvert («shorts») sur les actions dans leurs marchés respectifs. Toute constitution de nouvelle position courte à la baisse ou augmentation des positions courtes existantes est proscrite pour une durée d’un à trois mois selon les cas. L’objectif ? Enrayer les spéculations à la baisse et la chute des marchés liées à l’impact de la pandémie de coronavirus.
Un hedge fund américain, qui «shorte» activement sur les marchés concernés, a assuré à Asset News qu’il respectait ces interdictions et n’entendait pas clôturer ses positions courtes existantes. Les suspensions ont été adoptées de manière moins progressive qu’en 2008 : elles avaient d’abord concerné les financières avant d’être étendues à d’autres secteurs, rappelle Bernadette Busquere Arnal, responsable des stratégies actions long/short chez Lyxor AM. «Les environnements de marché diffèrent entre 2008 et 2020. Nous faisions face à une crise systémique en 2008, là où nous observons une crise économique en 2020. Les règles de marché ont aussi changé. En 2008, les interdictions de vente à découvert n’ont pas duré bien longtemps», indique-t-elle.
Bernadette Busquere Arnal ajoute que les gérants de stratégies long/short actions ont pour l’instant peu commenté les interdictions en raison de leur récente mise en œuvre. «Les niveaux de ‘shorts’ actuels sont conservés, ce qui est une protection. Il est évident que ces interdictions sont restrictives en termes de secteurs et de géographie, mais je note que les régulateurs britannique et américain n’ont pour l’heure pas annoncé de ‘short ban’ donc l’univers reste étendu. Il ne s’est légèrement réduit que sur quelques valeurs européennes seulement», relativise-t-elle.
La responsable des stratégies long/short actions de Lyxor AM estime que les suspensions de shorts vont surtout permettre de circonscrire l’envol des coûts de pré-emprunt. Quant à l’impact sur les portefeuilles des gérants alternatifs, il demeurera limité grâce à leur diversification. «Quelques gérants alternatifs qui utilisent une stratégie discrétionnaire vont probablement devoir couvrir leurs positions courtes étant donné que l’Esma a abaissé le seuil de déclaration des positions courtes à 0,1%. Ils vont être obligés de réduire leur niveau de ‘shorts’ en-dessous du seuil, ce qui va entraîner mécaniquement des rachats», conclut Bernadette Busquère Arnal.
Plus d'articles du même thème
-
Un ancien gérant de hedge funds cherche à rendre son métier obsolète grâce à l'IA
Le Wall Street Journal raconte l’histoire de Joe O’Donnell qui a affiné ses compétences en analyse boursière au cours d’une carrière de 13 ans dans les hedge funds, en exploitant états financiers, dépôts de titres et autres données à la recherche de signaux cachés. Il y a trois ans, il a lancé une startup, Canary Data, qui cherche à rendre obsolète une grande partie de ce qu’il faisait dans son ancien emploi. -
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
Caxton Associates ouvre un bureau en Inde
Le hedge fund macro Caxton Associates a ouvert un bureau à Bangalore en Inde en début d’année, rapporte Financial News. Il a recruté un certain nombre d’ingénieurs et d’experts en technologie, selon une source proche du dossier. Brevan Howard, Point72 et Millennium se sont aussi installés à Bangalore. -
Point72 remanie sa direction
Le hedge fund multi-stratégies américain Point72 Asset Management a formé un nouveau comité exécutif, selon un document consulté par Reuters. -
La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
Les fonds de performance absolue connaissent un regain d'intérêt des investisseurs particuliers en quête de décorrélation mais restent confrontés à plusieurs défis dans leur commercialisation. -
L'introduction en Bourse d'Ackman est portée par les professionnels plutôt que par les particuliers
Le nouveau fonds de Bill Ackman, Pershing Square USA, est en bonne voie pour lever cinq milliards de dollars, soit le bas de sa fourchette cible, avec plus de 80 % provenant d’investisseurs institutionnels, dévoile le Wall Street Journal.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
Question 8Revenus : à 55 ans, comment préparer sa retraite ?
A 55 ans, il reste généralement entre cinq et dix ans de travail avant la retraite. C’est le bon moment pour faire un bilan et prendre les mesures éventuelles nécessaires -
Trois choses à savoir sur l'accord signé entre Mistral, Bpifrance et MGX pour déployer l'IA sur le territoire
Ahmed Yahia Al Idrissi, Nicolas Dufourcq et Arthur Mensch ont signé un accord pour étendre la coentreprise Campus AI. Cette décision accordera un accès prioritaire à la capacité de calcul de Mistral et profitera à la chaîne de valeur industrielle, à la R&D et aux start-up françaises -
La France démunie en cas d’afflux de demandeurs d’asile aux frontières
De nombreuses failles vont s’ouvrir à cause de la non-transposition du Pacte sur l’asile et la migration