Ce label d’Etat, à la fois contraignant pour les gestionnaires et ne répondant pas aux volontés d’exclusion de certains secteurs des investisseurs, a du mal à s’imposer.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Franck Joselin
Le label ISR est né il y a un peu plus de quatre ans et a été attribué à 263 fonds.
-
Illustration Label ISR.
Les fonds durables gagnent du terrain en France, mais le label ISR, né il y a un peu plus de quatre ans, pourrait bien vivre ses derniers moments dans sa forme actuelle. Fin 2019, le nombre de produits bénéficiant du label d’Etat ISR (investissement socialement responsable) est passé de 146 à 263 fonds, sur les 488 fonds durables distribués en France identifiés comme tels par Novethic, totalisant 46% des 278 milliards d’encours de ces produits. Mais ces chiffres, même s’ils demeurent encourageants, ne reflètent pas la réalité, selon certains observateurs.
En premier lieu, le développement du label ISR reste lié aux exigences de la loi Pacte, qui oblige les assureurs à proposer au moins un véhicule labellisé dans leurs contrats d’assurance vie. Le dernier sondage effectué mi-2019 par l’Ifop dans le cadre du Forum de l’investissement responsable (FIR) faisait toujours état d’une proportion de seulement 10% des investisseurs particuliers interrogés qui connaissaient l’ISR. La logique d’offre prévaut donc encore largement sur la demande.
Non contraignant en termes d’exclusion
Ensuite, il n’est pas sûr que toute la clarté soit faite sur ce que recouvre exactement ce label. Certes, il impose des contraintes sur les processus de gestion que les fonds doivent mettre en œuvre pour l’obtenir. Par ailleurs, les fonds labellisés sont souvent thématiques (pour 68 d’entre eux), ou suivent des ODD, objectifs de développement durable (pour 19 d’entre eux). Mais ce label n’étant pas contraignant en termes d’exclusion, 84 fonds labellisés «ne revendiquent pas le concept d’investissement socialement responsable», note Novethic. «Ce label est le dernier européen qui n’oblige à aucune exclusion, il est donc intenable dans sa forme actuelle», estime Anne-Catherine Husson Traoré, directrice générale de Novethic. Les labels Greenfin (que Novethic est habilité à décerner, contrairement au label ISR) ou Towards Sustainability, mis en place en Belgique par les autorités, comportent, pour leur part, des critères d’exclusion.
Par ailleurs, les sociétés de gestion ne sont pas contraintes de faire labelliser leurs fonds pour se déclarer vertueuses en matière de critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG). Certains grands acteurs, comme La Banque Postale AM, BNP Paribas ou encore Axa IM, ont déclaré vouloir intégrer l’ESG dans la totalité de leurs processus de gestion. Et même s’ils ont fait labelliser parfois plusieurs dizaines de produits, cela reste très minoritaire dans leur gamme.
Snobé par de grands gérants
Le plus grand gestionnaire français, Amundi, pour sa part, communique sur le fait que la totalité de sa gestion exclut les pays et entreprises faisant l’objet de controverses. La société revendique à elle seule 275 milliards d’euros géré en ISR (soit quasiment autant que ce que comptabilise Novethic pour tous les fonds de son baromètre). Le gestionnaire a pour objectif, d’ici à 2021, de rendre ESG 100% de ses fonds ouverts, de couvrir avec des analyses ESG tous ses portefeuilles et indices de référence et de prendre en compte l’ESG dans la totalité de ses votes. Pourtant, Amundi n’a fait estampiller que trois fonds avec le label d’Etat. «Le fait que de très grands acteurs de la gestion se réclament ESG sans pour autant promouvoir le label signe la mort de celui-ci», regrette un professionnel.
D’autres ont fait le choix de l’utiliser davantage, mais se rendent compte que celui-ci n’est plus suffisant, ou peu adapté. Mirova, par exemple, la société de gestion dédiée à l’investissement durable affiliée à Natixis, a fait labelliser la totalité de ses fonds. Mais, «pour sauver le label ISR, il faudrait qu’il devienne un label de base pour la gestion française, complété par d’autres labels de fléchage, comme le label Greenfin (ex-Teec), qui indique où se font les investissements», explique Philippe Zaouati, CEO de Mirova.
Enfin, autre difficulté inhérente à l’utilisation du label, la directive MIF impose que les conseillers en investissements devront prendre en compte les préférences ESG de leurs clients. Seulement, il ne sera pas aisé de respecter la volonté de ceux-ci uniquement avec un label qui ne fait que garantir un processus de gestion, aussi contraignant soit-il, sans se soucier exclusions exigées par les investisseurs.
Le distributeur affiche sa préférence pour le plan de restructuration présenté par son premier actionnaire. Il souhaite toutefois l’améliorer légèrement pour les créanciers et a besoin du soutien des banques.
Le groupe de divertissement et de paris sportifs se renforce dans la production de contenus grâce à cette acquisition. Après le rachat de JOA en début de semaine, il garde des marges de manœuvre.
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours.
Goldman Sachs renforce ses positions dans la gestion externalisée des retraites, un marché très disputé où s’affrontent notamment BlackRock, Mercer et Russell Investments.
La société créée par Cathie Wood a enregistré quatre ETF actifs et un Eltif dans l'Hexagone en début d'année. Pour couvrir la clientèle, la société s'appuiera sur Olivier Guichard, au sein de l'apporteur d'affaires spécialisé espagnol Capital Strategies Partners.
Xavier Niel, fondateur de Free, rachète 16 % de Vodafone, leader des télécoms au Royaume-Uni, au groupe de télécommunications émirati E& et devient le premier actionnaire du groupe britannique
Le lourd bilan humain de l’incendie en Andalousie rappelle que les feux de forêt ont fait plusieurs centaines de morts en Europe depuis dix ans. Jusqu'à présent, les incendies en France ont fait peu de victimes humaines
La Commission estime que les deux plateformes de Meta, trop addictives, rendent captifs leurs utilisateurs, dont les enfants. Deux fonctions sont particulièrement en cause : la lecture automatique des vidéos et leur défilement sans fin