Quelles sont les conséquences des hausses de taux dans les émergents ?
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Sylvain Broyer, Natixis
La dépréciation des devises émergentes contraint de plus en plus de banques centrales à relever les taux d’intérêt, parfois même brutalement comme en Turquie, et le durcissement monétaire n’est probablement pas fini. Doit-on pour autant craindre un effondrement de la croissance des émergents, similaire à celui de 1998-1999?
Certes, le ralentissement chinois n’est pas une bonne nouvelle. La Chine représente 32% des exportations de l’Indonésie, 16% de celles du Brésil, 9% de celles de l’Inde. Mais il est hâtif de penser que les tensions financières le précipiteront. La croissance chinoise devrait encore être de 7,5% cette année (7,7% en 2013).
Ensuite, le «tapering» de la Fed fera que les places boursières émergentes les plus liquides seront moins soutenues que par le passé. Cela concerne plus l’Amérique latine et l’Asie émergente. Mais il n’est pas écrit que de moindres achats américains déclencheront mécaniquement un arrêt soudain des flux de capitaux vers les émergents, les investissements de portefeuille n’en représentant qu’un tiers. L’écart de croissance avec les économies développées reste favorable aux investissements de long terme dans ces régions.
Hors Chine, la contagion entre émergents par le canal du commerce extérieur semble être contenue. L’Argentine représente 9% des exportations du Brésil, mais l’Inde importe surtout de l’UE; hors énergie russe, la Turquie importe principalement d’Allemagne. L’ampleur de l’ajustement des changes n’est pas comparable non plus à la crise de 1998.
Nous attendons une croissance de 4,5% en 2014 dans les émergents, à peine moins qu’en 2013 (4,8%). Le point bas du cycle pourrait être atteint en glissement annuel au premier trimestre. Le différentiel de croissance avec les économies développées, au plus faible depuis plus de dix ans, devrait augmenter un peu par la suite, sans retrouver les niveaux moyens des dernières années. Les risques associés à ce scénario restent principalement liés à une résurgence de la contrainte de financement extérieur.
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