Politique monétaire allopathique ou homéopathique ?
Les traitements prescrits aux économies américaine et européenne par leurs banques centrales respectives s’opposent. Allopathie pour la Fed, qui cherche à faire baisser les taux longs par des achats massifs d’obligations. Homéopathie pour la BCE, qui s’assure de la fluidité des marchés par des achats parcimonieux d’obligations.
Des deux médications, quelle est la plus efficace? Difficile de le dire aujourd’hui. Certes, on voit que l’investissement productif remonte un peu aux Etats-Unis, malgré le désendettement. La hausse du taux d’épargne des ménages semble être endiguée. En revanche, l’effet sur le marché immobilier se fait attendre. La déperdition des soins appliqués à l’économie américaine est forte, puisque les liquidités émises s’investissent de plus en plus dans les émergents, où les rendements sont supérieurs. Au point que la médecine de la Fed suscite des inquiétudes dans ces pays, qui élèvent des barrières pour se protéger de l’afflux de capitaux. Mentionnons aussi dans les dégâts collatéraux l’engouement croissant des investisseurs pour les actifs les plus tangibles (or, matières premières), ce qui ressemble parfois à une fuite devant la monnaie.
L’homéopathie de la BCE ne semble guère plus concluante. Les achats de covered bonds par la banque centrale ont permis aux banques européennes de ne pas durcir encore plus les conditions d’octroi du crédit. Mais la dynamique du crédit est toujours plate dans l’ensemble de la zone euro. Le programme d’achat de dettes publiques, mis en place en mai dernier lors de la crise grecque, n’aura pas empêché les marchés de pousser l’Irlande dans le giron du FMI.
Finalement, si aucun des deux traitements ne convainc aujourd’hui, c’est peut-être lors de leur arrêt que la différence se révèlera. Il sera difficile pour la Fed de retirer la perfusion sans que les taux d’intérêt remontent. La parcimonie européenne présente en théorie un coût de sortie moindre. Le malade européen a encore une chance de ressortir sur ses deux jambes… Mais il n’est pas dit non plus que la BCE ne doive pas se convertir à l’allopathie, si les tensions sur la périphérie ne se calment pas.
Plus d'articles du même thème
-
Bunch lève 35 millions de dollars pour remplacer Excel au sein des fonds européens de private equity
Mené par Portage, la plateforme d'investissement de Sagard dans la fintech, le tour de série B vise à accélérer le développement de la jeune pousse berlinoise. Bunch équipe déjà plus de 150 fonds et a vu ses revenus récurrents quadrupler l'an dernier. -
Stellantis veut investir 60 milliards d'euros d'ici à 2030 pour redresser la barre
Le constructeur automobile compte augmenter ses ventes dans ses deux principaux marchés, l'Amérique du Nord et l'Europe, de 15% à 25% d'ici la fin de la décennie. -
Le scénario de stagflation s'ancre dans la zone euro
Avec l'effet Golfe, les relais de croissance encore existants ne permettent plus de croire à un retour au potentiel en 2027, estime Sylvain Broyer, chef économiste EMEA, S&P Global Ratings. -
Vanguard lance deux ETF sur les actions européennes
Le deuxième gestionnaire d'actifs mondial étoffe sa gamme de fonds coté avec des indices sur la zone euro et sur les petites capitalisations européennes. -
La fusée SpaceX relègue ses actionnaires au rang de spectateurs
Souscrire une action SpaceX se résumera à acheter le génie supposé du capitaine Musk, en fermant les yeux sur une gouvernance totalement déséquilibrée et des multiples de prix exorbitants. -
Generali débute bien l’année et confirme ses ambitions pour 2027
L’assureur italien a dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Son action en profite pour rebondir en Bourse.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
DécalageAu Royaume-Uni, la forte baisse de l’immigration passe inaperçue
L'immigration nette continue de baisser outre-Manche mais mais plus de quatre Britanniques sur cinq pensent toujours que la tendance est à la hausse -
INTERVIEWAntoine Saintoyant : « Intervenir après la réalisation de l’aléa coûte beaucoup plus cher »
Directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du Groupe Caisse des Dépôts, Antoine Saintoyant revient sur les enjeux des territoires face au changement climatique -
Heures précieuses
Estompant la frontière entre montres et bijoux, les horlogers imaginent des bijoux qui donnent l'heure, sertis ou pavés.