Pimco tente de reconquérir le cœur des investisseurs
Pimco lance une offensive de charme. Quasiment muet sur son activité commerciale ces derniers mois, le gestionnaire d’actifs californien serait sur le point d’enrayer sa décollecte, a déclaré vendredi son directeur général Douglas Hodge, dans les colonnes du Börsen-Zeitung. Des propos qui suivent de près le retour d’un gérant emblématique de la maison, Paul McCulley, au poste nouvellement créé de chef économiste.
Le choix d’un journal boursier allemand n’a rien d’anodin, Pimco étant une filiale d’Allianz. Les actionnaires de l’assureur munichois n’ont pas manqué, ces dernières semaines, de faire entendre leur mécontentement à l’égard de Pimco qui a encore subi 21,7 milliards d’euros de sorties nettes de capitaux au premier trimestre. «Après un retour de la décollecte à sa moyenne historique, nous voyons de plus en plus de souscriptions, assure Douglas Hodge, sans donner de chiffres. Nous voyons déjà un regain de demande pour les obligations». Géant mondial de la gestion obligataire, Pimco est en désamour avec ses clients, depuis son pari raté sur la politique monétaire américaine et ses mauvaises performances. Il a aussi subi, en début d’année, le départ de Mohamed El-Erian, successeur désigné de son fondateur Bill Gross, âgé de 70 ans.
Après la nomination de six adjoints, ce dernier est désormais également assisté de Paul McCulley. Connu pour son abondante chevelure et ses positions atypiques, le nouveau chef économiste revient pour la troisième fois chez Pimco, qu’il avait quitté en 2010. Père présumé de l’expression «shadow banking», il collaborait depuis avec l’ONG Global Interdependence Centre sur des problématiques liées à la politique des banques centrales. Il récupère la plupart des attributions de Mohamed El-Erian et ne gérera pas de portefeuille.
Dès vendredi, ce spécialiste des marchés obligataires a affiché son soutien à la «nouvelle neutralité» de l’économie, défendue par Pimco. Cette thèse implique, pour les trois à cinq ans qui viennent, une convergence à la baisse des taux de croissance mondiale et des taux d’intérêt toujours inférieurs à leurs niveaux d’avant la crise de 2008. Estimant que les marchés surestiment la hausse des taux de la Fed, Bill Gross mise sur les bons du Trésor américains à cinq ans. Un pari combattu par ses compatriotes Goldman Sachs, BlackRock et JPMorgan.
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