Pékin accélère le drainage des liquidités du système bancaire
Pékin continue de drainer dans l’urgence les liquidités abondantes du système bancaire chinois. Vendredi, la PBOC, la Banque Populaire de Chine, a relevé de 50 points de base (pb) le niveau des réserves obligatoires imposées aux banques. La cinquième hausse de l’année, celle-ci étant effective dès le 29 novembre. Alors que les banques chinoises ont accordé 588 milliards de yuans (88,5 milliards de dollars) de nouveaux prêts en octobre, contre 450 milliards attendus, le nouveau geste de la PBOC revient à priver les banques de 350 milliards de yuans (57,2 milliards de dollars) de dépôts bancaires, selon Barclays.
Le 10 novembre, le PBOC a déjà relevé d’un demi-point le coefficient des réserves obligatoires. La semaine dernière, Pékin a indiqué vouloir stabiliser les marchés du blé, du pétrole, du coton et du sucre, ajoutant que la lutte contre la spéculation allait être intensifiée. Le 20 octobre, Pékin a procédé à une hausse surprise de 25 pb des taux de dépôt et des emprunts à un an, à 2,50% et à 5,56% respectivement. En octobre, la croissance de la masse monétaire M2 a atteint 19,3% sur un an, un plus haut de cinq mois. L’inflation a bondi de 3,6% en septembre à 4,4% en octobre, son plus haut depuis septembre 2008.
«Il y a toujours une liquidité domestique ample, au vu de l’expansion rapide du crédit et de la monnaie, une vitesse de circulation monétaire plus rapide et des entrées de capitaux accrues dans un contexte de spéculation sur une appréciation du yuan», note Barclays. La devise qui s’est stabilisée à 6,639 renminbis pour un dollar, s’est apprécié de 2,8% depuis la mi-juin.
La PBOC «continuera à contrôler le rythme d’expansion du crédit en utilisant des opérations d’open market intensifiées et d’orientation contrôlée du crédit bancaire pour gérer la liquidité», ajoute Barclays. D’ailleurs, l’établissement britannique table sur un cycle de resserrement des taux modéré avec des hausses graduelles successives et n’écarte pas un nouveau relèvement avant la tenue de la Central Economic Work Conference, réunion regroupant les décisionnaires officiels du gouvernement central et des provinces chinoises. Cette dernière qui se tient traditionnellement en décembre, donnera le ton de l’orientation de la politique chinoise en 2011. Pour Barclays, celle-ci «aiderait à ancrer les anticipations d’inflation et à réduire les risques de bulles d’actifs financiers».
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