Paris et Bruxelles espèrent minimiser l’effet Dexia sur leurs finances
Pour le contribuable français, le sauvetage de Dexia revient déjà à 3,6 milliards. La France a accepté mercredi dans la nuit d’injecter 2,58 milliards dans les fonds propres du groupe, aux côtés de la Belgique (2,91 milliards) en souscrivant des actions de préférence. En 2008, l’Etat avait dû apporter un premier milliard à la banque, laissant cependant les deux tiers de la facture à la Caisse des dépôts (1,7 milliard) et à la CNP (0,3 milliard). La valeur des titres acquis à 9,90 euros à l'époque a été réduite à zéro.
Eurostat n’avait alors pas pris en compte ce renflouement dans le calcul du déficit public au sens de Maastricht. La France et la Belgique espèrent que l’office européen des statistiques, qui doit se prononcer sur le sujet dans les prochaines semaines, adoptera la même position. «Il n’y aura pas d’effet négatif sur le déficit», a promis hier Steven Vanackere, le ministre belge des Finances. Il faudrait pour cela qu’Eurostat traite cette recapitalisation comme une opération financière. Sous Maastricht, la transaction n’aurait qu’un effet sur la dette. L’agence de la dette belge a ainsi indiqué qu’elle émettrait des titres longs pour lever les fonds nécessaires à Dexia.
Le déficit budgétaire hors Maastricht devrait cependant être affecté. Bercy ne savait pas encore hier si la recapitalisation s’imputerait sur les comptes 2012 ou 2013. Le Parlement devrait voter le volet Dexia dans le cadre du projet de loi de Finances, soit avant la fin de l’année, mais le décaissement interviendra sans doute en 2013. L’ardoise de 2,6 milliards représente environ 0,1 point de PIB.
L’accord entre Paris et Bruxelles modifie par ailleurs la répartition des garanties publiques accordées à Dexia, mais sans impact sur la dette publique. Tant que la garantie n’est pas appelée ou certaine de l’être en raison de pertes avérées, l’engagement des Etats sort du calcul de la dette. La France voit le montant maximal qui peut lui être imputé passer de 32,85 à 38,75 milliards d’euros, tandis que celui de la Belgique recule de 54,5 à 43,7 milliards.
«Si nous refusions de fournir au Holding Dexia les moyens financiers pour lui permettre de poursuivre son démantèlement de manière ordonnée, l’Etat serait contraint d’honorer sa garantie», a rappelé hier le Premier ministre belge Elio di Rupo devant son Parlement pour justifier ce nouveau sauvetage. Ce qui ferait gonfler la dette belge de 12 points de PIB.
Plus d'articles du même thème
-
L'Europe inflige pour près de 900 millions d'euros d'amendes à Google
Il s'agit des premières sanctions infligées au groupe américain par la Commission dans le cadre du Règlement sur les marchés numériques. -
Segro accepte de soutenir la dernière offre de rachat de Prologis
L’entreprise de logistique britannique a finalement accepté la quatrième offre de reprise de son concurrent américain Prologis pour 14 milliards de livres. -
Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
Le rendement de l'OAT 10 ans est au plus haut depuis la crise financière de 2008. Le rebond des prix de l'énergie et les anticipations de resserrement monétaire font décaler à la hausse l'ensemble des courbes de taux des pays développés. -
Sartorius Stedim Biotech est sanctionné en Bourse après des ventes décevantes
Le chiffre d'affaires du groupe a été pénalisé par des remboursements de droits de douane américains accordés aux clients. Les dirigeants confirment leurs objectifs annuels. -
Covivio place 500 millions d'euros d'obligations vertes à 7 ans
Il s'agit de la seconde émission sous le format European Green Bond pour la foncière. -
Tesla brûle du cash et chute en Bourse
Le constructeur de véhicules électriques a enregistré un flux de trésorerie négatif en raison de l'augmentation de ses dépenses. La forte hausse de ses ventes ne suffit pas à rassurer les investisseurs.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
« Arrêtez les camions » : aux États-Unis, les restaurants Taco Bell dépassés par une épidémie de « diarrhée explosive »
Plus de 1 600 personnes ont été contaminées en quelques semaines par la cyclosporose. L’épidémie est partie de la salade servie dans les fast-foods Taco Bell. -
+ 40 % dans l’UE, + 63 % en France : le boom des voitures électriques au premier semestre
Selon l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), les voitures électriques représentent 20,7 % des nouvelles immatriculations, contre 15,6 % l’an passé -
BouderieMauvaise humeur chinoise autour de la mer de Chine méridionale
Pékin s’agace des efforts du Japon et des Etats-Unis à renforcer leur coopération avec l’ASEAN sur les questions maritimes