«Nous sommes plutôt confiants, mais avec une phase transitoire en début d’année»
L’Agefi: Pourquoi êtes-vous baissier sur les marchés actions à horizon six mois?
Emmanuel Morano: L’environnement de croissance reste faible dans les pays développés comme le montrent les chiffres de PIB aux Etats-Unis et en Europe au quatrième trimestre. Aussi, les analystes ont abaissé leurs prévisions 2013, de 6,9% en Europe pour les 3 derniers mois, et de 6,8% aux Etats-Unis. La croissance attendue en Europe est de 10%, mais encore tirée par le profil de redressement de certains secteurs (financières, produits de base, technologies). Aux Etats-Unis, elle n’est que de 6,5%. Il faudra probablement du temps aux marchés pour «digérer». Après la forte surperformance des financières depuis mi-2012, le relais doit être pris par d’autres secteurs, notamment cycliques. Le potentiel existe, sur des prévisions plus basses, sous réserve d’inflexion haussière du cycle (cela semble déjà être le cas dans les zones émergentes). Nous sommes donc plutôt confiants, mais avec une phase transitoire en début d’année.
Quels secteurs devraient le mieux performer en Bourse au premier semestre?
Nous maintenons un biais positif sur les secteurs/valeurs qui parviendront à compenser le ralentissement actuel dans les zones développées par leur croissance structurelle dans les zones émergentes, ou bien dont les marchés débouchés restent porteurs. Notamment les biens de consommation personnelle (comme le luxe) dont la croissance de l’activité reste positive; les biens et services industriels qui bénéficient du redémarrage des zones émergentes; et certains segments de technologies, en croissance. En revanche, nous restons à l’écart des secteurs utilities et télécoms qui connaissent des problèmes structurels (marchés concurrentiels, endettement élevé).
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