Moody’s donne à l’Agence France Locale une solide qualité de crédit
Créée il y a un peu plus d’un an, l’Agence France Locale (AFL), qui se propose d’accorder des prêts aux collectivités locales françaises après avoir emprunté sur les marchés, a été notée Aa2 par Moody’s. L’obtention de cette première note, un cran en dessous de celle de l’Etat français, ouvre la voie au lancement de la première émission de l’agence dans les prochaines semaines.
La note de l’AFL est assortie d’une perspective négative, tout comme celle de l’Etat français. «Nous sommes satisfaits [de la note], elle répond à ce que nous attendions», assure Thiébaut Julin, le directeur financier de l’AFL. «La raison pour laquelle nous n’avons pas la même note que l’Etat est que nous sommes une start-up. Nos équivalents nordiques ont une existence de plusieurs dizaines d’années voire de cent ans».
Moody’s estime que la note de l’AFL pourrait être relevée si elle arrive à gagner des parts de marché et renforcer son capital. Pour l’heure, «le modèle économique dédié et la nature peu risquée des actifs contrebalancent les risques liés à la nature de start-up de l’AFL», écrit l’agence de notation. L’Agence France Locale «bénéficie du fort soutien politique et de l’engagement de ses propriétaires et donc de leur qualité de crédit élevée».
Moody’s souligne que l’AFL, qui a obtenu un agrément en tant qu’établissement de crédit spécialisé en fin d’année dernière, est supervisée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et respecte donc la régulation bancaire. Elle a un ratio common equity tier one de 12,5% et un levier de 3,5%. La notation reflète l’existence du mécanisme de garantie de l’AFL qui veut que chaque collectivité membre soit garante à hauteur de son encours total de crédit. Moody’s tient aussi compte «d’un niveau de soutien systémique modéré» de la part de l’Etat français, «compte tenu du risque que représenterait un défaut de l’AFL pour la réputation de l’Etat et du secteur public local».
L’AFL, qui a aussi sollicité une note auprès de S&P, espère obtenir un visa de l’Autorité des marchés financiers d’ici à la mi-février. En fonction des conditions de marchés, elle pourra ensuite lancer une émission inaugurale de 500 millions à 1 milliard d’euros. «En termes de spreads, cela aurait du sens de nous positionner par rapport à cet univers de comparables [de banques publiques avec un mandat précis du législateur] tout en sachant que nous sommes un nouvel émetteur», fait valoir Thiébaut Julin.
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