Mario Draghi plaide pour une convergence entre le Royaume-Uni et l’Europe
Je ne peux pas dire lequel des deux arguments est le plus pertinent, l’argument politique ou économique, je ne vais pas non plus entrer dans un débat politique domestique, mais ce que je peux dire c’est que l’Europe a besoin d’un Royaume-Uni plus européen et que le Royaume-Uni a besoin d’une Europe plus britannique». Tels est le message envoyé hier depuis la City de Londres par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, à l’occasion d’un discours sur le thème de la «Construction de la stabilité et d’une prospérité durable en Europe». Mario Draghi apporte ainsi son aide au Premier ministre britannique qui fait face à une pression au sein même de son parti pour que le Royaume-Uni sorte de l’Union européenne. David Cameron s’est engagé à organiser un référendum sur le maintien du pays dans l’UE d’ici la fin 2017 dans le cas où son parti remporte les prochaines élections législatives en 2015.
Le président de la BCE a ainsi rappelé que 40% des dépôts étrangers dans les banques de la zone euro proviennent du Royaume-Uni, et que 40% des prêts des banques de la zone euro en dehors de la zone étaient destinés à des emprunteurs britanniques. En outre, une même part correspond au poids de l’euro dans l’ensemble des prêts étrangers au Royaume-Uni, ainsi que dans les dépôts au sein des banques britanniques. La zone euro est également le principal marché d’exportation britannique, avec 40% des biens et services exportés (soit l’équivalent de quelque 200 milliards de livres) allant vers les 17 pays qui partagent l’euro. «Avec des interconnections aussi profondes, le Royaume-Uni et la zone euro partagent un intérêt commun: la stabilité dans le fonctionnement du système économique et particulièrement des marchés financiers», a ainsi indiqué Mario Draghi.
La présence de Mario Draghi à Londres s’inscrit dans le cadre de politiques monétaires différentes entre les deux zones. Les réticences de la BCE à se lancer dans un programme de quantitative easing comme ses homologues britannique, américaine et japonaise a conduit à une appréciation de l’euro de 10% contre la livre et de 38% contre yen depuis juillet 2012. Si Mario Draghi a assuré le 2 mai que l’institution «était techniquement prête» à instaurer des taux négatifs face à la situation de récession que connaît actuellement Europe, Berlin bloque toute tentative en ce sens. Le membre allemand de la BCE, Jens Weidmann, a d’ailleurs ironisé hier sur la stratégie d’assouplissement monétaire nipponne en indiquant «les assouplissements monétaires pouvaient conduire à des situations difficiles».
Plus d'articles du même thème
-
Defiance ETFs lance un ETF pour miser sur les hyperscalers rentables de l'IA
Defiance ETFs entend répondre à une question que se posent de plus en plus d'investisseurs : parmi les entreprises qui surfent sur la vague de l'intelligence artificielle, lesquelles transforment réellement ces milliards de dollars de dépenses en croissance rentable ? -
Le marché des dettes hybrides d'entreprise bat des records
Le premier semestre a connu plus de 30 milliards d'euros d'émissions, dont une vague de nouveaux emprunteurs séduits par les conditions de marché favorables. La prime entre dette senior et subordonnée est historiquement basse. -
EFG International tutoie les 200 milliards de francs suisses sous gestion
Portée par une solide collecte nette, des marchés favorables et plusieurs acquisitions, EFG International a vu ses actifs sous gestion progresser de 21 % sur un an à fin juin 2026. -
Les responsables financiers français font preuve de prudence avec l’IA
L’enquête mondiale d’Airwallex relève qu’en France plus qu’ailleurs la fonction finance intègre pour l’heure les fondamentaux avant de se lancer dans l’opérationnel. -
KKR muscle ses ambitions dans l'assurance en recrutant l'ancien patron de Manulife
Après avoir dirigé l'assureur canadien de 2017 à son départ en retraite en 2025, Roy Gori conseillera la firme new-yorkaise, propriétaire de Global Atlantic, sur ses opportunités dans l'assurance et les services financiers. -
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Les yeux dans les yeuxMacron retient Barbut : le marabout de l'Elysée a encore frappé
Emmanuel Macron mobilise sa force de conviction pour retenir Monique Barbut et éviter une crise gouvernementale au cœur de l'été -
Tribune librePlaidoyer pour une ville bas-carbone qui résiste enfin aux canicules
Chaque été apporte son lot de records. Les températures montent, les nuits restent chaudes, les épisodes caniculaires s’allongent. Ce qui relevait hier de l’exception devient la norme. Pourtant, nous continuons souvent à concevoir nos villes comme si le climat de demain ressemblait encore à celui d’hier. -
Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »
Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie.