Mario Draghi invite les investisseurs à changer de repère
Il est des statu quo qui peuvent cacher de vrais changements : la BCE a maintenu ses taux hier et consacre toujours à son objectif de 2% au moins d’inflation l’essentiel de son attention. Mais les investisseurs peuvent désormais modifier leur grille d’analyse sur les marchés européens.
Primo, Mario Draghi a revendiqué la victoire sur la déflation. « Le risque a largement disparu », dit-il. En conséquence, la mention sur la possibilité de recourir à de nouveaux outils pour le conjurer a aussi disparu de son discours.
Deuxio, l’inflation voit son objectif relevé pour 2017, de 1,3 à 1,7%. Ce n’est pas négligeable, même s’il demeure au-dessous de l’objectif de moyen terme et que les perspectives pour 2018 et 2019 restent inchangées.
Tertio, les variables-clés à surveiller changent : il ne s’agit plus de scruter le niveau des prêts à l’économie– les opérations ciblées de refinancement à long terme des banques ne sont plus à l’ordre du jour – mais plutôt le redressement des salaires.
Le propos là encore est sans équivoque : « C’est le pivot qui conditionne une remontée auto-entretenue de l’inflation. C’est la variable clé ». Les investisseurs sont bien invités à changer de repère.
C’est d’ailleurs ce qu’ils font. Les taux européens étaient en hausse hier, y compris les taux allemands à 10 ans qui sont à leur plus haut niveau d’un mois. Quant à l’euro, il a remonté d’un demi-pourcent.
Le temps de gérer la sortie de l’assouplissement quantitatif s’approche pour la BCE.
Si son président y parvient sans heurt, en pilotant une remontée des taux graduelle, un moteur puissant pourrait s’allumer pour les bourses européennes. Surtout si le péril populiste est finalement conjuré dans les urnes.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion. -
L'espace, nouvelle frontière des centres de données
Satelliser des infrastructures cloud permettrait d'apporter une solution aux contraintes terrestres (disponibilité énergétique, foncier, accès à l'eau) susceptibles d'entraver le développement spectaculaire de l'intelligence artificielle (IA). -
L’économie américaine a détruit des emplois en juillet
Le marché du travail s’est contre toute attente affaibli le mois dernier aux Etats-Unis, avec 23.000 pertes d’emplois. Les actions accélèrent à la hausse, les taux se resserrent et le dollar recule. La hausse de taux de la Fed de septembre se trouve remise en question.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Apollo va créer un pôle stratégique pour l’innovation
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur