Mario Draghi gagne des voix pour succéder à Jean-Claude Trichet
Depuis que le président de la Bundesbank, Axel Weber, a jeté l'éponge pour la tête de la BCE, la voie semble libre pour Mario Draghi. Alors que le mandat de Jean-Claude Trichet arrive à son terme le 31 octobre prochain, Nicolas Sarkozy est venu renforcer le camp des partisans du gouverneur de la Banque d’Italie. De passage en Italie pour renouer les liens avec le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, le Président français a annoncé hier le soutien de la France à la candidature du banquier central transalpin, un «homme de qualité», pour la présidence de l’autorité monétaire. Ce serait «un très bon signal à tous les Italiens qui pourraient douter de leur place et de leur rôle dans l’Europe», a estimé Nicolas Sarkozy. En réponse, Silvio Berlusconi a annoncé qu’il soutiendrait la candidature d’un Français dans le cadre du directoire de la BCE, où Lorenzo Bini Smaghi libérerait une place.
La décision sur le successeur de Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) sera prise lors du prochain sommet de l’Union européenne en juin, a fait savoir le gouvernement allemand mardi. Reste à connaître la position de la Chancelière Angela Merkel, qui demeure muette sur le sujet. Récemment, des indiscrétions venant de l’entourage du ministre des Finances, Wölfgang Schäuble, ont fait apparaître que ce dernier soutenait une candidature de Mario Draghi. Le sous-ministre des Affaires étrangères d’outre-Rhin, Werner Hoyer, qui suit les affaires européennes, a récemment déclaré que l’actuel président du Conseil de stabilité financière ferait un «très bon» président de la BCE et «défendrait l’objectif de l’Allemagne d’un euro stable».
En février, Mario Draghi avait déclaré à la presse allemande que l’Allemagne était un exemple pour les autres pays tout en appelant à des sanctions plus dures en cas de rupture des règles budgétaires. Surtout, l’ancien directeur du Trésor italien pourra probablement profiter du fait que l’Italie, quoique lestée d’une dette publique équivalente à 119% du PIB, est restée crédible aux yeux du marché de la dette souveraine dans sa capacité à réduire ses déficits. En témoigne la stabilité des spreads à 10 ans des BTP italiens contre Bunds autour des 150 pb, contre 220 pb pour l’Espagne, et plus de 600 pb pour le Portugal et l’Irlande.
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