Man Group met le cap sur les Etats-Unis en quête d’un nouveau souffle
Mis à mal par la décollecte découlant de performances jugées décevantes sur ses stratégies vedettes, Man Group repart à l’offensive. Après avoir fait l’acquisition de GLG Partners en 2010 puis de FRM Holdings deux ans plus tard, le gestionnaire alternatif britannique, plus important hedge fund coté au monde, a confirmé la semaine passée être en négociations pour mettre la main sur Numeric Holdings, spécialiste de la gestion quantitative basé à Boston.
Alors que les actifs de Man Group ont plongé de près de 80 milliards de dollars en 2008 à 55 milliards à fin mars dernier, ceux de sa cible s’élèvent à 14 milliards. Du fait du manque de transparence sur ses performances financières, la valorisation de Numeric reste incertaine, allant du simple au double selon les estimations de Citigroup (360 millions de dollars environ) ou d’Esperito Santo (720 millions).
Man Group a indiqué être sorti du bois en réponse à des rumeurs de presse, et sans aucune certitude quant à la signature d’un accord. Le bref communiqué a tout de même soutenu une hausse du titre de 5,01% jeudi et de 0,75% vendredi, à 100,3 livres. Le cours reste en retrait de 8,6% sur 12 mois.
La transaction offrirait finalement une porte de sortie à TA Associates. Actionnaire minoritaire de Numeric depuis 2004, la société de private equity cherche à vendre depuis début 2013. L’opération aurait en parallèle pour Man Group la vertu d’une diversification tant de ses processus de gestion que de sa clientèle. Cette dernière est aujourd’hui avant tout européenne et asiatique. Les analystes, qui ont depuis longtemps incité le gestionnaire à recourir de nouveau à la croissance externe, ont salué la nouvelle, HSBC soulignant la complémentarité en termes de processus de gestion. Si le gestionnaire a engrangé une collecte nette de 2 milliards de dollars au premier trimestre, le directeur général Emmanuel Roman reste «prudent» pour l’ensemble de l’exercice au vu de «récentes performances de gestion contrastées».
Le scénario de rachat est il est vrai renforcé par les moyens financiers de Man Group. A fin 2013, le gestionnaire disposait d’un surplus de capital réglementaire de 550 millions de dollars et de liquidités de 992 millions. Emmanuel Roman ne fait pas mystère de son souhait d’acquisitions, avec une préférence pour les Etats-Unis, tout en soulignant qu’il devait faire preuve de discipline sur le prix à payer.
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