L’OCDE voit un tassement de la reprise mondiale plus marqué en 2011

L’organisation a ramené sa prévision de croissance du PIB dans la zone de 2,8 % à 2,3 % en 2011, avec une forte révision aux Etats-Unis
Tân Le Quang

Même si elle confirme son rebond, la croissance mondiale devrait se tasser l’année prochaine. Alors qu’elle a entériné sa prévision de 4,6% en 2010, l’OCDE, dans le cadre de ses perspectives semestrielles publiées jeudi, a abaissé celle de 2011 à 4,2%, contre 4,5% prévu en mai. D’après Pier-Carlo Padoan, chef économiste de l’OCDE, le ralentissement de la reprise s’explique, entre autres, par le fait qu’elle a été largement alimentée par des mesures de soutien public qui s’amenuisent au gré des mesures de redressement budgétaire. Selon l’OCDE, le principal enjeu pour les gouvernements est aujourd’hui de passer d’«une reprise induite par l’action des pouvoirs publics» à «une croissance auto-entretenue». La divergence des rythmes de croissance devrait ainsi se poursuivre.

Pour les pays de l’OCDE, la croissance est attendue à 2,8% en 2010 contre 2,7% estimé en mai. En revanche, l’institution, qui souligne que le cycle de stockage ne contribue désormais plus à la croissance réelle, prévoit un PIB à 2,3% en 2011, contre 2,8% anticipé six mois plus tôt. En 2012, il devrait rebondir à 2,8%. L’OCDE a surtout revu sa copie pour les Etats-Unis et table désormais sur une croissance molle durable à 2,7% en 2010 et à 2,2% en 2011, contre 3,2% estimé auparavant pour ces deux années. Celle-ci pourrait s’accélérer à 3,1% en 2012. Mais une chute des prix immobiliers constituerait un risque pour ce scénario.

En dépit du risque souverain, la croissance de la zone euro devrait progresser de 1,7% en 2010, contre 1,2% précédemment. La région réussirait à garder ce rythme de croisière en 2011 pour s'établir à 2% en 2012. Néanmoins, aux yeux de l’OCDE, les tensions liées à la soutenabilité de la dette souveraine et un retournement brutal des rendements des emprunts d’Etat représentent un risque.

Les effets adverses d’afflux de capitaux importants dans les pays émergents, le creusement des déséquilibres mondiaux et le protectionnisme font aussi partie des risques évoqués par l’OCDE. Celle-ci voit dès lors la croissance au Brésil passer de 7,5% cette année à 4,3% en 2011 et 5% en 2012. En Chine, elle se tasserait de 10,5% cette année à 9,7% en 2011 et 2012. Le PIB de l’Inde devrait passer de 9,9% en 2010 à 8% pour rebondir à 8,5% en 2012. Seule la Russie préservera son redressement avec un PIB en hausse de 3,7% en 2010, de 4,2% en 2011 et 4,5% en 2012.

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