Lloyds Banking Group profite de l’engouement pour la dette hybride
La mise aux normes Bâle 3 des banques soutient la dette hybride. Lloyds Banking Group a annoncé hier une vaste opération d’échange de quelque 5 milliards de livres d’obligations «enhanced capital notes» (ECN) émises en 2009 juste après son sauvetage, contre des titres subordonnés contingents de type «additional tier 1» compatibles Bâle 3 de maturité perpétuelle dans le but de renforcer la structure de ses capitaux propres.
Les investisseurs, composés principalement de gérants d’actifs et de fonds d’arbitrage, auront ainsi l’opportunité d’échanger leurs anciens titres, convertibles en actions dans le cas où le ratio CET1 chute sous le seuil de 5%, contre des nouveaux dont le seuil de conversion est de 7%. Les 130.000 investisseurs particuliers se verront en outre proposer un montant en numéraire pour les motiver à céder leurs titres.
Le prix n’a pas encore été fixé, mais l’établissement a surpris le mois dernier en indiquant qu’il pourrait solder l’ensemble de son stock d’ECN au pair. Mark Taber, un représentant des investisseurs particuliers, a indiqué la semaine dernière qu’il serait «irresponsable et court-termiste» de racheter les titres au pair. Si après son alerte émise le mois dernier, le prix des ECN a chuté de 9 points, il s’est repris de 4 points hier et offre toujours une prime par rapport au prix d’émission. Les nouveaux titres AT1 offriront un coupon compris entre 6,375% et 7,875%, contre un coupon moyen payé par la banque de 9,3% sur les anciennes obligations.
Une opération qui a néanmoins un coût puisque la banque passera une provision d’un milliard de livres dans ses comptes du premier semestre 2014, et qu’elle aura pour effet de réduire son ratio CET1 de 0,4 point. Toujours détenue à hauteur de 32,7% par l’Etat britannique, Lloyds a 8,4 milliards d’encours en obligations ECN logés dans 33 entités différentes et l’échange lui permettrait ainsi de le réduire à environ 3 milliards de livres.
Lloyds, conseillée par pas moins de treize banques (dont BNP Paribas et CA CIB) du fait de la taille de l’opération en dollar, euro et sterling, compte notamment sur l’engouement récent manifesté par les investisseurs pour les titres AT1. Cette semaine, Santander, Danske Bank et Nationwide ont émis des titres hybrides de ce type, portant ainsi le montant total à 6,5 milliards d’euros depuis le début de l’année.
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