L’Italie rallonge la maturité de sa dette
Italie, terre de contrastes. Pendant que le pays faisait état hier de son septième trimestre consécutif de contraction du PIB (-0,5% entre décembre 2012 et mars 2013), selon des statistiques préliminaires qui seront détaillées le 10 juin, le Trésor italien a émis avec succès son premier emprunt (BTP) à 30 ans depuis septembre 2009. La politique de rallongement de la maturité de la dette est donc sur de bons rails.
Les investisseurs se sont pressés pour acheter les nouveaux titres de maturité septembre 2044, alors que le point le plus éloigné de la courbe italienne était jusqu’à présent 2040, le précédent benchmark, que le Trésor avait abondé en début d’année. La demande finale a atteint 12,7 milliards d’euros en incluant les ordres des primary dealers, permettant au Trésor de lever 6 milliards. L’annonce, le 14 mai au soir, de l’opération, après le succès de la syndication à 10 ans de l’Espagne, avait entraîné une remontée des taux italiens, un processus classique. Les titres ont finalement été placés avec une prime de 13 points de base au-dessus du rendement des BTP 2040. Celui-ci évoluait autour de 4,80% hier matin, soit la moyenne des taux 30 ans italiens depuis la création de l’euro. BNP Paribas, Citigroup, Deutsche Bank, UBS et UniCredit ont dirigé la syndication.
Maria Cannata, la directrice du Trésor italien, avait réaffirmé mi-avril sa volonté d’émettre rapidement à 30 ans, et de faire remonter à 7 ans, contre 6,5 ans aujourd’hui, la maturité moyenne de la dette. Une maturité qui a baissé en 2011 et 2012. Le pays avait alors dû emprunter davantage à court terme en raison de la crise des dettes souveraines en zone euro qui lui fermait l’accès aux maturités plus longues.
«Depuis le début de l’année, l’Italie a émis environ 13 milliards d’euros à 15 ans et plus, une amélioration significative par rapport aux années précédentes», rappelaient les stratégistes taux d’UniCredit avant la syndication à 30 ans. Cela représentait environ 14% des emprunts à moyen long terme du pays réalisés en 2013, une proportion qui est passée à près de 18% hier. Outre l’amélioration générale du climat sur les marchés, de fortes tombées et paiements de coupons à réinvestir ont soutenu la demande de papier italien. Rome, qui prévoit d’émettre 230 milliards d’euros à moyen long terme cette année, a réalisé quasiment 50% de son programme.
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