L’Italie allège ses coûts financiers en rachetant sa propre dette
Le Trésor italien a acquis vendredi pour 2,85 milliards d’euros d’obligations souveraines italiennes arrivant en échéance en 2015 et 2017. Dans le détail, Rome a racheté pour 1,275 milliard d’euros de titres offrant un coupon de 2,5% à maturité 2015, et pour 570 millions d’euros d’obligations à maturité 2015 servant un coupon de 3%. L’opération porte aussi sur des obligations à taux variable à échéance 2015 et 2017.
La transaction a été financée par le fonds d’amortissement de la dette publique qui est alimenté par les recettes des privatisations. Son objet principal est de réduire le fardeau de la dette transalpine en procédant à des rachats de titres ou en les remboursant à leur échéance. L’an dernier, le fonds s’est vu reverser une partie des profits issus de la cession par l’Etat italien de 100% du capital des groupes publics Sace, Fintecna et de 76% de la société Simest à la Caisse des dépôts italienne. Une première tranche de 5,4 milliards d’euros a déjà été transférée au fonds d’amortissement.
Pour les stratégistes d’UniCredit, ces nouveaux rachats obligataires vont permettre de lisser le profil de la dette italienne alors que de lourdes tombées étaient prévues en 2015 et 2017. En décembre, la dette italienne a été réduite de 32 milliards pour repasser sous la barre des 2.000 milliards d’euros, selon la Banque d’Italie.
Ces rachats de dettes sont habituels. L’an dernier, le Trésor italien avait déjà acquis pour 650 millions d’euros de titres à maturité 2015, 2016 et 2018. En 2011, le montant des rachats se chiffrait à 1,4 milliard d’euros pour des obligations à échéance 2012, 2016, et 2023. En 2010, le Trésor avait repris pour 720 millions d’euros de titres à maturité 2012. Ces nouveaux rachats d’actifs devraient alléger les bilans bancaires, souligne UniCredit. Cela devrait aussi soutenir la partie courte de la courbe des taux italiens, et ainsi compenser la baisse de demande observée pour les titres de maturité courte.
Vendredi, les rachats d’actifs ont permis aux taux italiens de se détendre alors que les tractations pour former un nouveau gouvernement battent leur plein. Le taux italien à 2 ans s’est replié d’environ 3,6 points de base (pb) à 1,75%, et le taux à 10 ans a reculé de quelque 5 pb à 4,58%.
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