L’Irlande souhaite conserver la confiance des investisseurs étrangers
L’Irlande cherche à renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs étrangers, après sa sortie officielle du plan de sauvetage européen. Le département du Trésor a procédé mardi au rachat de plus de 4,1 milliards d’euros de titres d’Etat irlandais arrivant à maturité au mois de janvier 2014. De quoi faire tomber l’encours sur ces obligations à moins de 2,8 milliards d’euros, alors que le pays n’a aucun autre titre à refinancer l’année prochaine.
Le Trésor estime en outre avoir comblé ses besoins de financement pour 2014 avec ses émissions déjà réalisées en 2012 et 2013. Avec entre 6 et 10 milliards d’euros d’adjudications prévues sur l’année, réparties entre obligations à court et à plus long terme, le montant levé sera ainsi destiné à anticiper les besoins de l’Etat irlandais pour l’année 2015.
Le pays a émis cette année 7,5 milliards d’euros de titres à 10 ans et 5 ans lors d’opérations syndiquées. Côté billets de trésorerie à court terme, les émissions brutes ont atteint environ 4 milliards. Dans un communiqué, le ministère des finances a indiqué son intention d’ouvrir une nouvelle souche de titres de référence à 10 ans au mois de janvier ou février prochain, afin de répondre aux attentes des investisseurs pour des maturités plus longues. «L’Irlande est largement dépendante de la demande des investisseurs étrangers, comme le montre la répartition des participants aux émissions syndiquées réalisées en 2013, avec plus de 80% de la demande provenant de l’étranger», indique ING.
Malgré une dette publique qui atteint 124% du PIB irlandais et un déficit de 7%, la sortie du plan de sauvetage européen ainsi que le retour à une croissance supérieure à 2% en 2014, ont permis une baisse des spreads des rendements d’Etat à 10 ans contre le Bund allemand, à 170 pb. Un niveau inférieur de 50 pb aux titres équivalents espagnols et italiens, qui offrent pourtant un niveau de liquidité supérieur, et conforme à la notation «BBB+» accordée au pays par S&P et Fitch mais pas à celle de Moody’s de «Ba1».
Malgré de nouveaux tours de vis budgétaires de plus de 5 milliards d’euros attendus sur l’année fiscale 2014-2015, «tant que la BCE poursuivra une politique monétaire accommodante, les obligations irlandaises seront soutenues par les opérations de carry trade», estime ING.
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