L’Irlande incite les fonds de pension privés à acheter sa dette

Une réforme, inscrite dans le budget 2011, leur permettrait d’augmenter leur exposition à la dette souveraine et d’améliorer leur gestion actif-passif
Violaine Le Gall

En plus de son plan d’austérité et de l’aide apportée par le FMI et l’Union européenne, le gouvernement irlandais a d’autres idées pour réduire l’aversion pour sa dette souveraine. Les fonds de pension privés domestiques pourraient devenir des acquéreurs importants des obligations nouvellement émises grâce à une réforme prévue dans le budget 2011 présenté mardi dernier.

En échange de l’achat d’obligations souveraines sur des maturités longues, les fonds de pension seraient autorisés à valoriser leur passif sur la base des taux irlandais élevés. Ce projet se base sur les propositions de l’Association irlandaise des fonds de pension faites dès l’été dernier.

Pour l’heure, la plupart des fonds de pension irlandais utilisent des indices européens comme benchmark pour leur poche obligataire. Du coup, le taux d’actualisation utilisé est généralement une moyenne entre les taux souverains allemands et français. En acceptant d’acheter des obligations irlandaises, les fonds de pension privés pourraient multiplier par plus de deux le taux d’actualisation, et réduire leur passif.

Pour Jacques Cailloux, chef économiste Europe chez RBS, la demande en obligations d’Etat irlandaises pourrait ainsi augmenter de 10 milliards d’euros. Toutefois, le mouvement promet d’être long. D’abord, il faut que les fonds de pension choisissent de se positionner davantage sur la dette souveraine irlandaise. Ensuite, il leur faudra du temps pour faire basculer leurs allocations des actions vers les obligations: 60 % de leurs actifs sont actuellement investis en actions, une part très élevée par rapport à la moyenne européenne. Au Pays-Bas par exemple, la poche actions représente 30 % des actifs.

Depuis début décembre, la dette souveraine irlandaise a déjà profité de la mise en place du plan de sauvetage, des rachats de titres par la Banque centrale européenne et d’un premier vote du budget par le parlement. Dans ce contexte, après avoir atteint un record à 9,355 % le 30 novembre, le taux irlandais à 10 ans est retombé à 8 % hier. En revanche, la hausse des rendements sur les principaux Etats européens se poursuit, un mouvement presque continu depuis les points bas atteints fin août. Depuis début décembre, les taux à 10 ans français et allemands ont respectivement progressé de 22 et 35 points de base à 3,37 % et à 3%.

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