L’Irlande cède finalement aux sirènes de l’aide internationale
La crise de la dette souveraine européenne a fait sa deuxième victime. Après le plan d’aide de la Grèce annoncée en mai dernier, c’est l’Irlande qui se voit contrainte d’accepter l’aide conjointe de l’Union et du FMI. Les ministres des finances de l’UE se sont ainsi mis d’accord dimanche soir pour accéder à la demande d’aide financière présentée par l’Irlande, qui sera échelonnée sur 3 ans et dont la mise au point devra être bouclée fin novembre. La Suède et le Royaume-Uni devrait s’associer financièrement à l’aide.
Si les négociations sur les mesures conditionnelles au plan sont encore en cours de négociation, le montant de l’aide serait compris entre 80 et 90 milliards d’euros, selon des sources concordantes. L’Irlande devra certainement se soumettre à une cure d’austérité drastique, et abandonner une partie de sa souveraineté. Il s’agit d’un constat d’échec pour l’Europe qui avait espéré que le fonds d’aide de 750 milliards d’euros mis en place suite à la crise grecque constituerait un élément suffisant pour rassurer les marchés et éviter toute nouvelle intervention.
En cause: les banques irlandaises. «La principale préoccupation du gouvernement est de s’assurer de manière durable qu’il n’y aura pas d’effondrement du système bancaire» a indiqué le ministre des finances irlandais, Brian Lenihan. Comme le souligne les économistes de GaveKal, «la crise irlandaise marque clairement une nouvelle étape dans le drame de l’euro: nous sommes en effet passés de la Grèce, qui était une pure «crise souveraine» provoquée par la peur que le gouvernement ne soit pas en mesure de rembourser sa dette, à l’Irlande où la plus grande préoccupation est la santé de son système bancaire».
A court terme, cette décision devrait soulager les marchés. En effet, Goldman Sachs estime que l’Irlande aurait besoin de 65 milliards d’euros pour assurer son refinancement dans les 3 prochaines années, et de 30 milliards pour sauver ses banques. Cependant, la zone euro n’est pas à l’abri d’un effet domino et les marchés tournent déjà leurs inquiétudes vers le Portugal. De plus, comme le souligne Gavekal, «la mise en place de plans de rigueur dans l’ensemble de l’Europe devrait s’avérer hautement déflationniste: baisse des salaires, hausses des impôts, … ». Et de s’interroger sur la capacité de survie du système bancaire européen dans un environnement déflationniste.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
La menace fantômeConflit au Moyen-Orient : Berlin craint des représailles iraniennes sur son territoire
Le chancelier allemand Friedrich Merz figure, tout comme Donald Trump et Emmanuel Macron, sur une liste de dirigeants désignés par le journal iranien Hamshahri comme devant « s'attendre à une vengeance du peuple iranien » -
Formez vos bataillonsDifficultés russes, défilé du 14 juillet, Trump moins fermé : le regain d’optimisme européen
Emmanuel Macron a réuni les alliés de la Coalition des volontaires à Paris, avant une nouvelle démonstration d’unité et de forces sur les Champs-Élysées, pour la fête nationale -
DésunionLa gauche italienne se déchire sur la Russie et le réarmement
Derrière la politique étrangère se profile la bataille pour le leadership d’une coalition déjà très divisée