L’incertitude sur la demande motive le statu quo de la Banque d’Angleterre
L’accélération de l’inflation ne fait toujours pas peur à la Banque d’Angleterre. «Pour le moment, il y a eu peu de signes tangibles du fait que la période d’inflation élevée se soit traduite par des anticipations d’inflation élevée à moyen terme ou par des demandes d’augmentation de salaires», expliquent les membres du Comité de politique monétaire de la banque, dans le compte-rendu publié hier de la dernière réunion du 5 mai, qui s’est soldée par un statu quo. La révision à la hausse des prévisions sur l’indice des prix, jusqu’à un sommet de 5% à l’automne, dans le rapport d’inflation pour le mois de mai, n’a pas influencé le comité. Et la publication, mardi dernier, d’une inflation à 4,5% au mois d’avril, ne devrait pas non plus provoquer de changement de ton à la Banque d’Angleterre.
«L’élément-clé qui influence la politique monétaire est probablement de savoir si l’économie va continuer de s’affaiblir», commente Ken Wattret, chef des économistes de marché pour la zone euro chez BNP Paribas.
Dans ce contexte, six des neuf membres du Comité de politique monétaire ont encore voté le mois dernier pour laisser les taux inchangés, d’après les dernières minutes publiées hier. Les trois autres favorisent un durcissement de ton. Pour eux, l’incertitude sur l’intensité de la reprise de la demande devrait persister, «donc il y a peu de bénéfice à attendre avant de relever les taux», estiment-ils.
Pour Brian Hiliard, économiste sur le Royaume-Uni chez SG CIB, la Banque d’Angleterre aurait surtout intérêt à relever son objectif d’inflation, actuellement de 2 %. L’inflation dans les services tourne autour de 3,5% sur longue période et l’indice des prix sur les biens devrait avoir tendance à augmenter, explique le spécialiste. Or, si l’inflation dépasse l’objectif de 2% de façon persistante, les anticipations d’inflation pourraient remonter. Dans ce contexte, si la BoE a vraiment l’intention de faire retomber l’indice des prix à 2%, «le resserrement monétaire nécessaire pour atteindre cet objectif aurait pour effet la création d’un cycle de croissance très faible à moyen terme», estime Brian Hiliard. Celui-ci recommande de relever l’objectif d’inflation à 2,5 % voire plus haut.
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