L’incertitude se transmet peu à peu à la microéconomie
Après une première semaine marquée par des publications de résultats en demi-teinte, les entreprises américaines ont finalement agréablement surpris avec des résultats trimestriels dépassant dans 68,2% des cas les estimations des analystes (90% ayant publié). Si la microéconomie reste un facteur de soutien aux Etats-Unis, il n’en va pas de même en Europe où les entreprises affichent une santé moins vigoureuse, se traduisant par des révisions mensuelles de bénéfices négatives pour la troisième fois consécutive, situation inédite depuis juin 2009.
Au 10 mai, sur les 204 entreprises composant le Stoxx 600 qui ont publié leurs résultats trimestriels, seules 50,7% d’entre elles ont battu le consensus. Par ailleurs, notre indicateur avancé, traduisant le rapport entre le nombre de révisions positives et le nombre de révisions négatives effectuées par les analystes financiers mois par mois, continue de dessiner une trajectoire baissière inquiétante puisqu’il se stabilise en dessous de la frontière de 1. Or, si la microéconomie devient moins favorable dans les mois à venir comme nous l’anticipons, quels facteurs pourraient pousser les indices occidentaux encore plus haut?
Ils sont rares selon nous. D’une part, nos indicateurs tactiques de distribution de performances sont au plus bas: la probabilité de hausse du DJ EuroStoxx 50 ne s’élève qu’à 13,0% et à seulement 3,3% pour le S&P 500. D’autre part, la fin prochaine de la détente quantitative aux Etats-Unis devrait renforcer l’incertitude chez les investisseurs. En effet, il ne faut pas oublier que la hausse des Bourses depuis fin août, qui a notamment permis à l’indice large américain de bondir de plus de +30% en ligne droite, est le fruit de la politique monétaire américaine ultra agressive mise en place à cette date.
Dans ces conditions, l’arrêt du QE2 outre-Atlantique d’ici à fin juin, couplé avec la fin du soutien des bonnes nouvelles microéconomiques (liée à la hausse des coûts des intrants, à des conditions de financement plus onéreuses, ainsi qu’à un dollar moins favorable aux entreprises américaines), nous poussent à recommander une plus grande prudence sur les marchés actions américains comme européens, et en particulier sur les secteurs les plus cycliques (automobile, chimie, industrielles).
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