L’exécutif français veut enrayer le déclin de l’investissement des entreprises

Les représentants du monde des entreprises et de la finance se réunissent à l’Elysée aujourd’hui pour discuter des outils de financement
Solenn Poullennec

Entrepreneurs, financiers et représentants du gouvernement se réunissent aujourd’hui à l’Elysée pour débattre des moyens de soutenir l’investissement des sociétés. Le président de la République, François Hollande, avait annoncé la tenue de ces «Assises du financement et de l’investissement» cet été dans un entretien au Monde pour inciter les établissements financiers «à prêter davantage aux PME, pour mieux orienter l’épargne vers l’économie productive et pour assurer le financement des grands projets collectifs, comme la transition énergétique».

La question de l’investissement est d’autant plus brûlante que le gouvernement a dû se résoudre à réviser la croissance à la baisse, de 1% à 0,4% pour cette année et de 1,7% à 1%, pour l’année prochaine. L’investissement des entreprises a reculé de 0,8% au deuxième trimestre et de 0,7% au cours des premiers mois de l’année, selon l’Insee. En 2013, il baissait déjà pour la deuxième année consécutive.

L’entourage du président rappelle que beaucoup de chantiers ont déjà été lancés pour remédier à cette situation. Le gouvernement a créé la Banque publique d’investissement, a soutenu la Bourse des PME, Enternext ou encore la création du PEA-PME. La collecte nette de ces nouveaux fonds au cours de leurs six premiers mois d’existence est cependant inférieure aux attentes, à 270 millions d’euros selon Portzamparc. Le gouvernement vient de publier les textes qui créent deux nouveaux contrats d’assurance vie. Il a également lancé une consultation pour permettre aux mutuelles de santé et de prévoyance d’investir dans les fonds de prêts à l'économie. L’ouverture de cette possibilité aux assureurs a permis d’accorder 5 milliards d’euros de crédits, selon l’Elysée.

François Hollande pourrait revenir aujourd’hui sur sa volonté d’orienter les fonds des retraites complémentaires vers les entreprises. Sur les quelque 200 milliards d’actifs concernés, seuls 10% de ces fonds bénéficient aux entreprises et 3% aux PME, avait souligné le chef de l’Etat au début de l’été. Il avait aussi souhaité le lancement d’une réforme de l’épargne salariale et de l’actionnariat salarié pour «mieux associer les cadres et les travailleurs au résultat des entreprises et de mieux mobiliser aussi les 100 milliards de fonds qui y sont déposés pour l’investissement». Mais pour le moment, les partenaires sociaux n’ont pas décidé de lancer une négociation sur l’épargne salariale.

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