L’Europe s’accorde pour sauver ses maillons faibles
La zone euro a-t-elle les moyens de se sauver de la faillite? Sept mois après la crise grecque, l’Union présente un plan destiné à endiguer l’effet domino sur les dettes souveraines de la zone. Le plan d’aide à l’Irlande d’un montant total de 85 milliards d’euros a ainsi été approuvé dimanche par l’UE en lien avec le FMI. Sur cette enveloppe, 67,5 milliards seront abondés par des aides extérieures. Le FMI y contribuera à hauteur de 22,5 milliards et l’Europe à hauteur de 45 milliards avec des prêts bilatéraux de la Grande-Bretagne notamment (3,8 milliards d’euros), alors que l’Irlande mettra 17,5 milliards de sa poche dans le plan en puisant dans un fonds de retraite national.
L’aide inclura une refonte des banques irlandaises. En contrepartie des 35 milliards d’euros destinés à assainir le secteur bancaire, dont 10 milliards seront consacrés à des injections immédiates de capital et 25 milliards seront conservés dans un fonds de réserve, Bank of Ireland, AIB, Irish Life et EBS devront porter leur ratio core Tier one à 12% d’ici fin février 2011, alors que la Banque centrale irlandaise a estimé à 13 milliards leurs besoins à court terme. Les banques irlandaises devront également mettre en œuvre d’ici avril 2011 des plans visant à se défaire de leurs actifs «pourris».
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) se substituera à l’actuel Fonds européen de stabilité financière, qui expire à partir de 2013, et l’enveloppe actuelle (750 milliards d’euros) devrait être relevée. La France et l’Allemagne sont finalement tombés d’accord sur la participation du secteur privé, qui sera restreinte aux principes actuellement en vigueur au sein du FMI, sur le principe du «cas par cas», un soulagement pour les marchés.
Cependant, de nombreuses inquiétudes subsistent. En effet, à 5,8%, le taux moyen de l’aide européenne sera «encore nettement trop élevé pour les banques qui ont vendu des crédits hypothécaires à Eonia + marge» selon la société de gestion GaveKal, alors que les marchés espéraient que l’Allemagne garantisse la dette irlandaise. Le nouveau plan devrait en outre écarter la Grèce des marchés obligataires, laissant le MES refinancer sa dette «de manière permanente» note GaveKal qui ajoute que «seul un accord de refinancement illimité de la BCE et une augmentation du fonds incluant le sauvetage du Portugal et de l’Espagne serait de nature à rassurer les marchés».
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts