L’Europe a plus que jamais besoin d’une relance allemande
En Europe comme en France, on est convaincu que l’Allemagne accumule des excédents d’épargne déraisonnables.
A Paris, on espérait que les élections allemandes déboucheraient sur un gouvernement plus favorable à une relance volontariste, en contrepartie de réformes chez ses partenaires.
L’objectif paraît plus éloigné que jamais. Jamais le sujet n’a été vraiment sur la table entre les partenaires potentiels de la coalition, signe que l’opinion reste attachée à la politique incarnée par l’ex-ministre des Finances Wolfgang Schaüble.
Une note publiée par le Trésor français rappelle que l’Allemagne détient le record du monde de l’excédent de la balance courante avec 8,3% du PIB.
L’épargne dégagée par ses acteurs économiques excède donc l’investissement de quelque 260 milliards d’euros l’an dernier !
Ce surplus massif conduit la zone euro à en dégager un de 4 point de son PIB global, tout en nourrissant des déséquilibres aigus en son sein.
D’où la violence des ajustements dans les pays du sud et les contraintes supportées par la politique monétaire. Or cette situation est structurelle.
Le Trésor estime ainsi que l’excédent allemand est dû pour un tiers au vieillissement de la population, qui compte beaucoup plus de fourmis finançant leur retraite de jeunes cigales.
Pour un deuxième tiers, il tient à une modération salariale engagée il y a 15 ans, qui a nourri le boum des exportations nationales ; enfin le troisième tiers résulte d’une politique budgétaire anormalement restrictive.
Berlin pourrait s’appuyer sur les deux derniers leviers pour soutenir consommation et investissement.
Un jugement largement partagé dans le reste du monde mais qui laisse encore de marbre les Allemands eux-mêmes !
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