L’Eurogroupe s’apprête à engager les négociations avec Athènes

Les termes d’allègement ou de restructuration de la dette ont été soigneusement évités pendant la réunion des ministres des Finances de la zone euro.
Florence Autret, à Bruxelles

Nous nous réjouissons de travailler avec eux comme nous avons travaillé avec le précédent gouvernement», a déclaré Jeroen Dijsselbloem, à l’issue d’une réunion où la question grecque n’aura pas été débattue sur le fond. Le président de l’Eurogroupe a appelé à la «patience». Il est «trop tôt pour dire quelles seront leurs ambitions à court terme», a-t-il expliqué.

En d’autres termes, la balle est encore dans le camp d’Athènes où Alexis Tsipras doit demander dès aujourd’hui au Parlement d’investir le nouvel exécutif. L’option d’une sortie de la Grèce de la zone euro semble plus écartée que jamais. «Syriza a dit que l’avenir de la Grèce était au sein de la zone euro. C’est une bonne base de départ», a-t-il déclaré.

Un premier débat politique aura lieu lors du conseil européen du 12 février, le premier auquel participera le nouveau Premier ministre grec. Bruxelles s’attend à devoir prolonger une nouvelle fois le programme qui expirait fin 2014, déjà prolongé de six semaines pour cause d'élections. La clôture du programme, qui permettrait de basculer sur le régime, moins contraignant, d’un crédit de précaution, suppose le retour à Athènes de la Troïka qui a été la cible de Syriza pendant la campagne. «Que la Troïka retourne en Grèce, cela dépendra de la position du gouvernement et du moment où les discussions sérieuses reprendront. J’espère bientôt», a déclaré le président de l’Eurogroupe.

Tout en se disant «prêt à un dialogue constructif», Pierre Moscovici a précisé: «nous voulons une Grèce qui rembourse ses dettes», sans que l’on sache très bien s’il s’agissait de rappeler son opposition à l’annulation d’une partie de la dette hellénique ou d’encourager une réorientation du programme propre à favoriser le retour de la croissance et les excédents primaires. Le commissaire européen en charge de l’euro a ouvert la porte à une plus grande autonomie et à une forme de normalisation de la surveillance imposée à Athènes en précisant que les réformes devaient être «conduites et définies par les Grecs eux-mêmes».

Des marges de manœuvre existent pour réduire la charge de la dette grecque, sans passer par la case d’un défaut partiel. Selon une récente étude de Bruegel, les dispositions adoptées fin 2012 par les ministres des finances: réduction des taux sur les prêts bilatéraux et allongement des maturités sur l’ensemble des prêts permettraient à Athènes d’économiser 31,7 milliards d’euros entre 2015 et 2050, soit 17% du PIB.

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