L’Eurogroupe prend le gouvernement Tsipras au mot
Au terme d’une réunion téléphonique d’à peine une heure, les ministres des finances de la zone euro ont validé la liste de réformes adressée lundi soir par le gouvernement grec à ses bailleurs de fonds. Ces «réformes (…) basées sur l’arrangement actuel (…) seront précisées et ensuite validées avec les institutions au plus tard à la fin du mois d’avril», précise l’Eurogroupe.
Plus tôt, la Commission européenne, la BCE et le FMI, avec des réserves, avaient donné leur feu vert, estimant qu’il s’agit d’un «point de départ valable pour conclure avec succès la revue» en cours. Les ministres n’ont pris aucun engagement concernant le déboursement des 7,5 milliards d’euros restant du deuxième programme dont Athènes a besoin en mars pour faire face à ses engagements.
Le gouvernement Tsipras a mis beaucoup d’eau dans son vin pour obtenir ce délai. Il s’engage à ne pas revenir sur les privatisations en cours, contrairement à sa promesse électorale, et n’exclut pas de les poursuivre. La hausse du salaire minimum devra, elle, intervenir «dans le temps… de façon à préserver la compétitivité et l’emploi» mais «en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions, européennes et internationales». Le revenu minimum garanti, à l’état de projet, pourrait être généralisé. Mais cette mesure «humanitaire» et celles qui visent à lutter contre la pauvreté, devront être «fiscalement neutres», précise la feuille de route.
Le programme insiste avant tout sur l’élargissement de la base fiscale et la lutte contre la fraude. L’Eurogroupe en attend une déclinaison plus précise et législative. «Il revient au gouvernement d’utiliser cette flexibilité pour marquer ce programme de son sceau», a expliqué son président mardi.
Jeroen Dijsselbloem a aussi confirmé que la voie était ouverte à une révision des objectifs budgétaires. «C’est à la Commission de voir si le calendrier d’augmentation de l’excédent primaire est toujours tenable» compte tenu des circonstances, a-t-il expliqué. «Ces quatre mois nous permettent d’achever le programme actuel et de faire une analyse dettes/revenus. Ensuite nous pourrons décider d’un nouveau soutien», a-t-il ajouté. Idéalement, l’Eurogroupe aimerait s’en tenir à un programme de précaution, accompagnant le retour d’Athènes sur le marché, mais Jeroen Dijsselbloem a reconnu hier qu’il n’avait aucune certitude à ce sujet. Le lancement d’un troisième programme ne sera, de toute façon, pas décidé avant l’été.
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