«L’euphorie actuelle sur la zone euro devrait s’estomper»
L’Agefi: Quel est l’impact des engagements pris au G20 et au G7 sur le yen?
Nordine Naam: Clairement, le G20 a donné son feu vert au gouvernement japonais pour qu’il continue à mener sa politique réflationniste destinée à sortir de déflation tant qu’il n’a pas pour objectif d’affaiblir intentionnellement son taux de change. Le message a été entendu par le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui considère la correction du yen comme appropriée. Même si cela a été depuis démenti par son ministre des Finances, Taro Aso, le Premier ministre se dit prêt à acheter des titres obligataires étrangers et à changer le statut de la Banque du Japon (BoJ) si l’objectif d’inflation n’est pas atteint. Le yen a du potentiel à la baisse, même s’il peut marquer une pause dans l’attente de la nomination du prochain gouverneur de la BoJ. Quoi qu’il en soit, le niveau de 95 sera atteint rapidement par la suite.
Pourquoi pariez-vous sur un euro/dollar à 1,27 à six mois?
A horizon six mois, l’euphorie actuelle sur la zone euro devrait s’estomper face à une croissance européenne toujours décevante avec une demande intérieure restant déprimée par un chômage élevé et des déficits publics bien supérieurs aux objectifs. Cela continuera à plaider en faveur d’une politique monétaire toujours très accommodante. A l’inverse, la situation économique américaine devrait continuer de s’améliorer. Cela devrait se traduire par la hausse des anticipations en faveur d’une réduction de la politique quantitative de la Fed (QE3.5) et par là, par un dollar plus fort au second semestre. Cette divergence de politique monétaire contribuera à la baisse de l’euro/dollar vers 1,27.
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