Malgré la faiblesse de l’inflation en zone euro, la hausse de la monnaie unique, et les tensions monétaires, un nouveau statu quo est attendu le 8 mai
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Patrick Aussannaire
Les gouverneurs de la BCE ont de quoi se gratter la tête. L’inflation en zone euro a rebondi plus faiblement qu’attendu en avril, à 0,7%, contre 0,5% en mars et 0,8% prévu par le consensus. L’inflation sous-jacente est revenue à 1% en avril à la faveur d’un effet de base favorable sur les prix des services. La hausse des prix est restée faible à 1,1% en Allemagne, alors que l’Espagne est sortie de la zone de déflation avec une inflation de 0,4%.
BNP Paribas table sur une inflation moyenne en zone euro à 0,6% au deuxième trimestre, après 0,7% au premier, ce qui forcerait la BCE à remettre en cause ses prévisions actuelles d’inflation, de 1% sur 2014. Pour l’éviter, CA CIB estime qu’il faudrait que l’inflation rebondisse à un rythme de 1,1% en mai et juin, «ce qui est peu probable».
Des chiffres qui n’ont pas empêché l’euro de progresser contre dollar dès mercredi pour remonter à 1,3834 en matinée, puis à 1,387 après les mauvais chiffres américains. Sur le marché monétaire, l’Eonia est venu fixer à 45,7 pb, soit plus de 20 pb au-dessus du taux de refinancement. «Si le rebond attendu de la liquidité excédentaire début mai devrait limiter une hausse de la volatilité, ça ne devrait pas suffire pour permettre à l’Eonia de revenir sous le niveau du taux de refinancement», estime Barclays.
Malgré la faiblesse persistante de l’inflation, la force de l’euro, et des tensions sur le marché monétaire, le consensus table sur un nouveau statu quo de la BCE à l’issue de sa réunion du 8 mai. «La BCE devrait encore temporiser», avant la publication de ses projections macroéconomiques en juin, estime ainsi CA CIB.
La «bank lending survey» publiée le 30 avril met en revanche en avant une augmentation attendue de la demande de crédit aux entreprises. Les banques ont déjà constaté une hausse de la demande nette de 2% au premier trimestre, après une baisse de 10% au trimestre précédent. «Un manque d’offre de crédits bancaires pourrait peser sur la reprise, notamment dans les pays périphériques où le nombre de PME dépendant des banques est plus important que dans les pays cœur», estime Barclays.
L’enquête auprès des PME a révélé un ralentissement de la détérioration des crédits disponibles à -4%, après -11%, une baisse du taux de rejet à 11% et un reflux des PME déclarant des problèmes d’accès au crédit à 14%. Pourtant, les conditions de financement restent pénalisantes, avec une forte différenciation entre pays de la zone.
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